Le bien-être au travail… réveillons-nous et agissons !

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Travail ? Etymologie : « Tripalium », mot latin qui désignait l’instrument de torture utilisé par les romains pour punir les esclaves ne travaillant pas assez bien. Cette origine est contestée. OK. Alors réfléchissons à ce que nous avons tous en commun : notre lieu de naissance !

Oui : une salle de …. Travail ! Toute personne honnête intellectuellement reconnaitra que ce n’est pas du travail lors de l’accouchement que vient le bonheur, mais bien de son résultat ! L’analogie est intéressante car, autant je ne crois en rien au bonheur au travail en tant qu’objectif, alors que je dis un grand OUI au bien-être ! D’ailleurs, si l’on reste dans notre salle d’accouchement, la péridurale est là pour témoigner de cela !

Par Gaël Chatelain

Le bien-être source d’efficacité

Je vous vois venir ; vous aller me demander ce qui peut jouer le rôle de péridurale dans nos vies quotidiennes au travail. Comment peut-on parler de bien-être au travail quand 3 millions de français ont ou vont faire un burn-out ? Et bien c’est justement pour cette raison qu’il me semble urgent de parler de bien-être au travail. En effet, le manager qui imagine que c’est en fouettant ses collaborateurs qu’il obtiendra une efficacité optimale ferait bien, soit de relire quelques magazines de psychologie niveau maternelle, soit de réaliser qu’un salarié en plein burn-out ou tout simplement absent a une efficacité toute relative !

Une étude du MIT/ Harvard montre qu’un salarié heureux est deux fois moins malade, 6 fois moins absent, 9 fois plus loyal, 31% plus productif et 55% plus créatif !!!

A moins d’être dans le cas d’un masochiste pour qui le bien-être serait la pire des choses qui pourrait lui arriver pour être heureux dans son travail, cette étude montre bien l’importance qu’il faut accorder à celui-ci.

Bien-être au travail : une mode ?

Lors de mes conférences, il m’arrive d’avoir des réactions dubitatives à ce sujet : « c’est une mode », « l’entreprise n’est pas le monde des bisounours » et toute sorte de réaction supposant que le travail, s’il n’est pas difficile, ne saurait être efficace. Ma réponse est toujours la même : dans la Bible, il est écrit « tu accoucheras dans la douleur » ; pourtant, pensez-vous vraiment que la péridurale rende le résultat du travail d’une future maman moins beau et admirable qu’avant son invention ?

Le bien-être en entreprise est l’affaire de tous mais en tout premier lieu celui de l’entreprise qui souhaite être efficace. Il ne s’agit pas de faire joli sur la photo pour faire plaisir à tel ou tel mais bien de gagner en efficacité tout en améliorant son image employeur afin d’attirer, et de conserver, les jeunes talents de la génération Y et Z pour qui le bien-être en entreprise et l’équilibre vie privée/vie professionnelle sont des points non négociables. Malheureusement, certains managers ne comprennent pas que ce sujet va dans l’intérêt de l’entreprise. Ne pas envoyer de mails durant le week-end, le soir ou pendant les vacances, cela permet de recharger efficacement les batteries et pourtant, combien de managers ne respectent pas cela ? Et les 62% des français qui ne passent pas une seule journée sans vérifier leurs emails ont aussi leur responsabilité ! Il est temps d’admettre que certains comportements qui nous semblent normaux aujourd’hui sont en fait une dangereuse dérive majoritairement induite par la sur-utilisation du numérique.

L’entreprise actrice

L’entreprise peut agir sur ces sujets. Volkswagen coupe ses serveurs mails passé 18.30 par exemple. Daimler Benz rédige le mail d’absence de ses collaborateurs en vacances en remplaçant le standard « Je suis en vacances avec un accès limité à mes mail » par un plus efficace « La personne à qui vous avez envoyé un mail est en vacances. Nous venons d’effacer votre email. Vous pourrez lui renvoyer à son retour ou, en cas d’urgence, merci de l’envoyer à la personne qui la remplace pendant son congé ». Résultat : fini les 3 000 mails au retour des vacances !

Ce que je constate en tant que consultant auprès de beaucoup de grands groupes, c’est que le bien-être devient une véritable problématique traitée trop souvent sous l’angle des risques psycho-sociaux au lieu de l’aborder de façon positive sous l’angle de la performance. Sans mettre en place de coûteux et compliqués changements, imaginer une stratégie orientée vers le bien-être de tous, passe également par des idées simples basées sur le bon sens ! Et ces idées, c’est à chacun de les avoir… Charge alors à l’entreprise de les capter pour les faire passer du stade de concept à celui de réalité.

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Gaël Chatelain

Gaël Chatelain

Gaël Chatelain, 46 ans dont plus de la moitié passé en entreprise. De TF1 à Canal+ en passant par Velux et l’INA ou en créant deux entreprises, il a su se forger une solide expérience en tant que manager, résolument tourné vers l’humain. Musicien, romancier à ses heures (Michel Lafon 2008) il a décidé de joindre ses deux passions, l’écriture et le management, pour parler de ce qui le motive le plus depuis des années : le management par la bienveillance qu’il appelle le « feelgood management ». Consultant depuis plus de 5 ans en parallèle de son travail, il constate quasiment quotidiennement l’écart grandissant entre les attentes des salariés et ce que propose le monde de l’entreprise.

Gaël vient de sortir son nouveau livre, « Mon boss est nul, mais je le soigne » chez Hachette Marabout.

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Twitter : https://twitter.com/gchatelain

 

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