Casser les codes

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En matière de numérique, je suis convaincu que notre pays dispose de nombreux talents. Des femmes et des hommes qui sont prêts à relever les défis à venir de la digitalisation tous azimuts de la société. Des individus qui sauront faire face aux nouveautés, qui collaboreront localement comme à l’international pour co-construire des produits et services innovants. Parfait me direz-vous, mais où sont-ils ? La France, et même l’Europe toute entière cherchent ces professionnels du numérique pour booster leur e-économie. A l’horizon 2020, c’est près d’un million de jobs qui pourraient ne pas être pourvus.

par Olivier Crouzet

Olivier Crouzet – Crédit photo : William Beaucardet

Notre jeunesse, Bac en poche, dispose indéniablement de nombreuses qualités. Mais notre emblématique examen ne révèle aucunement le talent pour le numérique, ce sont d’autres compétences qui sont mises à l’honneur. Les techniques informatiques ne sont que très peu présentes dans nos parcours scolaires alors qu’elles envahissent la vie de tous les citoyens. La collaboration, indispensable en entreprise, signifie trop souvent tricherie dans nos salles de classe ! Faire face à la diversité et gérer l’inconnu n’est guère davantage au programme, ce qui n’est que peu rassurant lorsque l’on ne sait de quoi demain sera fait. Si je reste convaincu que ces profils digitaux existent malgré tout, ils ne sont en revanche pas cartographiés, rendant difficile l’orientation comme le recrutement.

Et le tournant de la révolution digitale, c’est aujourd’hui qu’il se joue, pas demain !

Notre école a hissé notre pays au 6ème rang de l’économie mondiale au 20ème siècle, en étant en phase avec la précédente révolution industrielle. Elle doit évoluer pour maintenir cette position en développant les compétences du 21ème. Elles commencent à être très clairement identifiées. Savoir résoudre des problèmes nouveaux, être autonome dans son travail et ses apprentissages tout au long de la vie, collaborer avec tous les horizons pour co-construire, être créatif et innovant. Et là nous devons tous agir. A commencer par l’école qui doit amorcer ces profonds changements qui demanderont du temps, mais aussi des instituts privés ou public qui disposent de davantage d’autonomie pour des résultats immédiats sur l’économie : le Label de la Grande École du Numérique a été créé pour cela. Ce sont aujourd’hui plus de 400 formations qui alimentent directement l’économie digitale avec des profils répondant aux besoins du marché.

Enfin, c’est culturellement qu’il faut faire évoluer les mentalités. Le numérique est transversal, il intervient partout, ce n’est plus un secteur isolé. Chacun doit s’en emparer pour faire faire à la machine ce qu’il décide, au lieu de la subir. Le numérique n’est pas intrinsèquement sexiste. Les femmes autant que les hommes peuvent s’y impliquer. Cela ne demande pas de compétence particulière qui ne serait l’apanage que d’une moitié de la population. Le numérique est créatif et artistique. Coder est un acte de création, où chacun peut y exprimer ce qu’il y souhaite. Et si le digital va effectivement détruire plus de la moitié des jobs tels qu’on les connaît aujourd’hui, il va en créer encore plus. Alors que nous avons tous un smartphone dans la poche, que nous utilisons démesurément les réseaux sociaux, il n’est pas raisonnable de vouloir simultanément freiner cette révolution dont nous profitons tous. Chacun doit se dire « Mon job va évoluer, je vais évoluer avant lui ». Car nous pouvons tous le faire. Et quoi de mieux que créer son propre futur pour ne pas en avoir peur ?

Le coup de cœur d’Olivier Crouzet
La fabrique de l’improbable

Olivier Crouzet

Olivier Crouzet

Diplômé en informatique, Olivier Crouzet passe 2 années au service d’un acteur majeur de l’Internet. Il rejoint alors Nicolas Sadirac pour développer durant plus de 10 ans l’école d’informatique devenue leader en France avec plus de 4 000 étudiants. Il en a conçu le modèle et l’a fait évoluer. Fort de ce succès, une nouvelle école du numérique baptisée « 42 » est créée en 2013 par Xavier Niel, mettant en avant une pédagogie qualifiée de « peer-to-peer ». Olivier Crouzet a architecturé ce modèle : 100% pratique et projets, sans prof ni cours ni transfert de connaissance. Tout en faisant évoluer en permanence 42, Olivier Crouzet encourage publiquement les évolutions du système éducatif français lors de conférences.

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