Ces différences qui dérangent au travail

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Patrick-Lozes-768Les progrès et défis de l’acceptation de la différence au travail

La société française s’est construite sur un idéal : que les individus soient traités selon leurs mérites et sans distinction basée sur des critères prohibés par la loi.
Le monde du travail pour sa part, relève avec constance de colossaux défis pour traduire cet idéal dans la réalité.

L’entreprise est un lieu de création de richesses. C’est aussi un lieu de création de rapports humains et de relations entre des individus qui ne sont pas exempts de préjugés ou de stéréotypes.

Le refus de la différence est souvent lié à ces préjugés et stéréotypes qui peuvent déboucher sur des discriminations, c’est-à-dire un traitement inégal et défavorable appliqué à certaines personnes en raison de critères interdits par la loi.

Ces critères ne cessent d’augmenter (il y en a 20 aujourd’hui*), ce qui montre que le monde du travail est en perpétuel adaptation pour l’acceptation des différences.

En effet, les engagements nationaux internationaux ont amené et continuent d’amener notre pays à inclure des articles précis de condamnation des discriminations dans la législation. Sans remonter jusqu’à la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen d’août 1789, on peut citer la constitution de 1946 ou celle de 1958 qui (déjà) rejettent les discriminations. Plus récemment on peut citer  la loi de 2005 qui renforce l’obligation de réserver 6% de l’effectif salarié au bénéfice des travailleurs handicapés.
Plus récemment encore, c’est par la loi qu’il a fallu en 2011 et en 2014 intervenir pour que les entreprises parviennent à une représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration.

Il convient de rappeler l’apport des grands patrons qui sous l’influence de Claude Bébéar, fondateur et ancien président d’AXA, ont en 2004 mis en place la Charte de la diversité, un texte d’engagement de toute entreprise qui condamne les discriminations dans le domaine de l’emploi et œuvre en faveur de la diversité.

Notre pays est donc assez hostile aux discriminations. La société française et le monde du travail acceptent des discriminations jusqu’à ce que des mobilisations permettent de les montrer, ce qui entraîne la mise en place de politiques publiques pour les combattre.
Lutter contre les discriminations, c’est s’intéresser d’abord aux actes par lesquels les personnes sont injustement traitées au motif qu’elles n’ont pas la bonne tête !

Les professionnels du recrutement n’ont pas attendu que l’acceptation de la différence au travail devienne un sujet à la mode pour l’inscrire dans leurs pratiques et souhaiter en analyser l’état comme les effets sur l’activité des entreprises.

Longtemps, ces acteurs et ceux de la société civile, mobilisés pour un investissement des entreprises en faveur de l’acceptation des différences, ont été soupçonnés d’angélisme ou de détourner l’attention de problèmes de fond plus importants pour les entreprises, dans une économie confrontée aux difficultés et aux inquiétudes.
Désormais, plusieurs études internationales et françaises ont démontré, que non seulement la diversité au sein d’une entreprise ne détruit pas de valeur, mais qu’elle en crée**.

Quant à lui, le manager doit intégrer les préoccupations notamment sociales et économiques dans ses activités et dans ses interactions avec la société. Difficile mais passionnant et motivant !

* Nul ne doit être discriminé en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation ou identité sexuelle, de son âge, de sa situation de famille ou de sa grossesse, de ses caractéristiques génétiques, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son nom de famille, de son lieu de résidence ou en raison de son état de santé ou de son handicap.

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http://basepub.dauphine.fr/handle/123456789/14181
http://www.goodwill-management.com/nos-publications/103-diversite-et-performance-economique.html

Patrick Lozès

Patrick-Lozes-bioDocteur en Pharmacie, Patrick Lozès est aussi diplômé d’un 3ème cycle de l’ESCP.
En 2003, il fonde le Cercle d’action pour la promotion de la diversité (CAPDIV) qui combat les discriminations touchant toutes les minorités. En 2005, il fonde le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) dont il est président jusqu’en 2011. Il participe à l’évolution des politiques publiques sur les questions de diversité.
Depuis 2015, il est vice-président France de Marin Luther King SCLC, le mouvement créé par le Dr Martin Luther King.

Il a mené 2 missions gouvernementales : l’une en 2007 sur le développement écologique de la Martinique confiée par le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo et l’autre en 2009 sur la lutte contre le racisme et contre le communautarisme confiée par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et celui de l’Intérieur Brice Hortefeux.
Il est administrateur de la NBCC (National Black Chamber of Commerce) affilié à la US Chamber of Commerce et membre du Conseil scientifique et d’évaluation de la Fondation pour l’innovation politique.
Patrick Lozès a travaillé pour de grands groupes de l’industrie pharmaceutique puis il a fondé seul ou avec des associés, plusieurs entreprises dont Talentshare (www.talentshare.fr).

Il tient un blog: http://patricklozes.blogs.nouvelobs.com et tweete sur @p_lozes

Ouvrages publiés :

  • Nous, les Noirs de France, éditions Danger public, 2007
  • Les Noirs sont-ils des Français à part entière ? Éditions Larousse, 2009
  • Candidat. Et pourquoi pas ? Editions du Moment Paris, 2011

Coup de cœur Blogueur
Lire le coup de coeur de Patrick Lozès au sujet du tableau de Rembrandt « Le Syndic de la guilde des drapiers »

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