Erreur sur mon bulletin de paie : quels sont les recours ?

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Bonne ou mauvaise surprise, vous venez de constater une erreur sur votre dernier bulletin de paie ! Qu’elles soient liées à la rémunération des heures supplémentaires ou à un arrêt maladie, les faux pas en la matière sont monnaie courante.

Mais de quel recours disposez-vous pour contester ? Existe-t-il un délai de prescription ? Êtes-vous obligé de rembourser en cas de trop perçu ? Tour d’horizon de ce que dit la loi à ce sujet.

Bulletin de paie : un document obligatoire

Pour rappel, le bulletin de salaire n’est pas à prendre à la légère ! Si votre employeur ne vous remet pas ce précieux sésame ou si ce dernier est irrégulier, l’article R. 154-3 du Code du Travail précise qu’il est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 450 euros par bulletin non remis ou irrégulier. Vous pouvez également demander des dommages et intérêts devant le Conseil des Prud’hommes et solliciter sa condamnation sous astreinte à vous remettre les bulletins manquants ou à refaire les bulletins irréguliers.

Les procédures à suivre

En cas d’erreurs constatées, l’article L3245-1 du Code du Travail indique qu’un salarié peut réclamer des sommes à caractère salarial dans un délai de 3 ans, à compter du jour où celui qui exerce cette action a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer : « la demande peut porter sur les sommes dues au titre des 3 dernières années à compter de ce jour ou, lorsque le contrat de travail est rompu, sur les sommes dues au titre des 3 années précédant la rupture du contrat ». Ainsi, si un salarié n’a pas été payé de ses heures supplémentaires du mois de décembre 2015, il peut les réclamer en justice jusqu’en décembre 2018. Si l’employeur ne reconnaît pas son erreur, il vous faudra alors saisir le Conseil des Prud’hommes.

Trop perçu : dois-je rembourser ?

Réciproquement, votre employeur dispose d’un délai de 3 ans pour vous faire savoir que vous avez reçu à tort certaines sommes et vous en demander le remboursement (article L3245-1 du Code du Travail). Selon un arrêt de la cour de cassation du 24 novembre 1993 (RJS 1/94 n°36), vous êtes dans l’obligation de lui restituer le trop perçu.

A noter, le délai de prescription peut être réduit par des dispositions de votre contrat de travail. Ainsi, selon un arrêt de la Cour de Cassation du 8 juillet 1992 (N° de pourvoi 89-40051), pour des acomptes sur commissions qui devaient être régularisés annuellement, la prescription n’est pas triennale mais annuelle.

De plus, il appartient à l’employeur de prouver que les sommes qui vous ont été payées ne vous étaient pas dues.

L’employeur n’est pas obligé de saisir la justice pour récupérer son argent. Il peut procéder directement à des saisies sur salaire à la condition que le salarié conserve une somme au moins égale au montant forfaitaire du RSA pour une personne seule.

Enfin, si la somme que vous devez rembourser à votre employeur est réellement trop importante, vous pouvez, par lettre recommandée, demander l’échelonnement de cette dette en lui proposant un échéancier plus raisonnable.

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