Les diplômes ont-ils (encore) de la valeur ?

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Je n’ai pas de diplôme, mais de la passion et de l’audace. Seriez-vous prêt à m’employer avec un salaire supérieur à 60 000€ brut par an ? »

C’est une question que j’aimerais poser à un employeur si je devais demain me retrouver à chercher du travail. J’ai 30 ans, je n’ai pas le BAC mais un BTS en poche. Beaucoup de personnes pouvaient croire que je n’arriverais pas à réussir ma vie professionnelle, mais je pense aujourd’hui avoir prouvé mes capacités avec l’entreprise que j’ai créée il y a maintenant 5 ans : une startup de 15 salariés, des investisseurs, et surtout des clients !

par Jérémy Guillaume

Jérémy Guillaume

Des « sans diplômes » avec beaucoup de ressources

En tant que recruteur, je connais bien sûr les problématiques que peuvent représenter les profils sans diplôme : grille de salaire, justesse envers les autres collaborateurs, crainte de lacunes importantes…
Les autodidactes peuvent être vus comme des « moutons noirs à 5 pattes », mais leurs qualités pourraient être une réelle valeur ajoutée pour votre équipe.

Sans enseignement classique, ils ont dû inventer leur propre méthodologie développant ainsi leur créativité. Le parcours est souvent difficile pour un autodidacte, ce qui le rend combatif mais aussi pragmatique. Il est souvent tourné vers l’innovation et n’aura pas peur de remettre en question les principes de votre entreprise. Malgré un besoin d’être formé une fois arrivé dans votre équipe, il apprendra volontiers sur le terrain et expérimentera grâce à sa capacité d’adaptation. Ces capacités sont d’autant plus importantes dans un monde du travail où il faut faire de plus en plus preuve d’adaptabilité pour garder constamment son avantage concurrentiel.

Bien entendu, des personnes qui ont été en échec scolaire peuvent présenter des lacunes importantes. Chez moi, l’une de mes plus grandes difficultés reste l’orthographe et la grammaire. Cependant je n’ai pas hésité à rédiger un article comme celui-ci, car me retrouver face à mon propre engagement me force à trouver un moyen de surmonter ces lacunes et à apprendre rapidement.

La force de l’autodidacte est aussi cette ténacité qui en fait un moteur d’apprentissage.

Comment détecter le bon candidat autodidacte en recrutement ?

Pendant l’entretien d’embauche, n’hésitez pas à lui demander comment il a acquis ses compétences, ce qu’il a l’habitude de lire, s’il se rend à des conférences ou encore qu’il vous parle de ses projets personnels, de ses hobbies… . Vous pourrez être surpris du professionnalisme qui en ressortira et qui fera preuve d’une vraie passion. Pour développer ma startup, j’ai lu de nombreux livres et articles pour compenser mes manques et j’ai aussi beaucoup appris en me rendant à des événements pour écouter d’autres entrepreneurs parler de leur expérience. Ces sources d’inspiration m’ont permis de me familiariser très rapidement avec la création d’entreprise et ont élargi mon réseau.

Aussi, depuis quelques années, nous avons pu voir de plus en plus apparaître sur les CV la mention de MOOC (Massive Open Online Course) dans la rubrique «  formations suivies ». Cette nouvelle manière de se former sur internet est de plus en plus reconnue en France. Cela peut être très rassurant quand on est recruteur car il y a une vraie pédagogie derrière ces cours rédigés par des universités.

Si force est de constater que l’autodidacte peut représenter de nombreux avantages pour une entreprise, il restera néanmoins toujours des secteurs où il sera difficile de faire confiance à l’autodidaxie. Il y a donc naturellement des secteurs où plusieurs années d’études supérieures resteront le seul sésame ! Feriez-vous confiance à un médecin qui a tout appris sans professeur ?

D’ailleurs, je dois l’avouer : il m’arrive de privilégier des personnes avec des diplômes, par exemple sur des postes d’ingénieurs recherche. En effet, la recherche impose beaucoup de méthodologie universelle (propre à tous les domaines de recherche) que l’on peut difficilement apprendre par soi- même. Je pense aussi que ce sont des métiers où l’expérience doit être, en quelque sorte, obtenue avant même d’en faire son métier. La littérature a ses limites dans ce cas ; il faut que l’expérience soit transmise et pour cela il n’y a qu’une relation professeur / élève qui le permet, à mon sens.
En revanche, je ne vois aucun inconvénient à accueillir des personnes sans diplôme mais passionnées par le digital, l’informatique, la vente ou la logistique… D’ailleurs, j’ai recruté une personne au service webmarketing qui n’en a aucun sur le sujet.

Pour moi la question de la valeur du diplôme n’est pas essentielle. Tout ce que je sais, c’est que ne pas avoir de diplôme n’enlève pas de sa valeur à un individu… bien au contraire !

Le coup de cœur de Jérémy Guillaume
Le festival pour l’école de la vie

Biographie de Jérémy Guillaume

Autodidacte, Jérémy GUILLAUME a développé des sites internet pour des entreprises sur les bancs du lycée. Alors qu’il échoue au BAC, il valorise ses connaissances et entre en BTS informatique de gestion. C’est alors qu’il co-fonde une première société : Ecodemex.com. Il y développe des algorithmes de reconstruction 3D basés sur le capteur Kinect de Microsoft. Une étude de marché poussée et une rencontre avec l’incubateur d’entreprises de l’Ecole des Mines d’Alès propulsent ses travaux vers le développement d’un logiciel de reconstruction 2D/3D automatique pour la construction et l’immobilier: Snapkin. Cette startup décolle rapidement, et a aujourd’hui une véritable reconnaissance sur son marché. Jérémy est aussi depuis peu ambassadeur de l’association France Digitale et co-fondateur du mouvement The French PropTech .

Linkedin : https://www.linkedin.com/in/jguillaume
Twitter : https://twitter.com/j_guillaume

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