Edito du DG #3

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Baromètre Expectra des salaires cadres 2014

Didier Gaillard, Directeur Général d'Expectra

Didier Gaillard

La France devrait enregistrer au terme de l’année 2014 une croissance de 0,7 %.
Ce résultat, s’il se confirmait, signerait une légère amélioration après le quasi sur-place enregistré en 2013 (+ 0,3 %).

De là à se réjouir, il y a cependant un pas qu’aucun dirigeant d’entreprise n’oserait franchir.

Un tel niveau est en effet insuffisant pour faire reculer le chômage, un seuil de 1,5 % étant réputé nécessaire en France pour créer des emplois.

Que signale ce bref rappel de la conjoncture ?

A l’inverse de ses voisines britannique et allemande, l’économie hexagonale n’a toujours pas rebondi, enlisée dans les répliques – lointaines mais toujours prégnantes – de la crise de 2008.

Cette situation a pour conséquence de brouiller les cartes. Dans un contexte marqué ces dernières années par l’alternance de périodes de récession et de reprises faibles, les chefs d’entreprise peinent à anticiper.

D’autant que, paradoxalement, ils perçoivent avec clairvoyance la nature des maux qui entravent un rebond vigoureux de la croissance. D’un côté, une offre contrainte par les rigidités de l’économie française, de l’autre, une demande atone.

Très clairement, les employeurs évoluent sur un chemin de crête. Cela vaut en matière d’emploi, mais aussi et surtout de salaire.

Pour ces raisons, le baromètre Expectra des salaires cadres témoigne, cette année plus encore que par le passé, des arbitrages opérés dans les entreprises françaises.

Que dit le baromètre ?

Sur fond d’incertitude, les employeurs ont augmenté leurs salariés cadres de 0,9 % en 2014. Ce résultat a des allures de faux-plat, à l’image de la croissance.
Et la prise en compte des écarts entre les différentes filières conforte ce sentiment.

Moins d’un point sépare ainsi la plus forte hausse, enregistrée dans la filière RH & Juridique (+ 1,51 %), de la plus faible progression, à mettre au compte de la filière Informatique et Télécoms (+ 0,7 %). En 2013, cet écart était deux fois plus important.

Bien sûr, au-delà des filières, ce chiffre cache des disparités riches d’enseignement selon les qualifications considérées.

Ainsi, un rapide coup d’œil sur les métiers les mieux revalorisés dit les priorités, mais aussi les contraintes, des entreprises.
C’est le cas des fonctions commerciales, dont les salaires ont affiché quelques-unes des meilleures progressions en 2014.

L’une des raisons ?
Les entreprises françaises, aux marges parmi les plus faibles d’Europe, n’ont pas les coudées franches pour investir, notamment en R&D.
Charge à elles, dès lors, de maximiser le portefeuille produits existant. Ce qui passe notamment par des efforts commerciaux accrus.

La 12ème édition du baromètre Expectra prolonge et approfondit ces analyses.

Didier Gaillard, directeur général d’Expectra

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