Edito du DG #5

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La guerre des robots n’aura pas lieu

Didier Gaillard

Didier Gaillard

Amis ou ennemis ? Depuis que la science-fiction existe, les robots suscitent aussi bien l’enthousiasme et l’optimisme que le pessimisme et la méfiance.

Négatif ou positif selon les époques, le regard porté sur les machines reflète les espoirs, les craintes et les évolutions d’une société à un instant T.

Dans le contexte actuel d’incertitude économique et de hausse continue du chômage, rien d’étonnant donc à ce que les bras mécaniques soient pointés par certains doigts humains comme destructeurs d’emploi.

Il est vrai que la place de la robotique dans l’industrie mondiale, et particulièrement française, pose question. L’industrie, suivant les traces de l’agriculture, représente aujourd’hui une part de moins en moins grande de notre PIB.

Et si l’évolution de la productivité abaisse le prix des produits industriels, le revers de la médaille est probablement une baisse de l’emploi dans ce secteur. La compétitivité est à ce prix.

C’est en s’appuyant sur la robotique et le numérique que l’usine de demain fournira des produits toujours plus élaborés. Elle emploiera alors probablement encore plus d’ingénieurs opérant sur écran et des services de maintenance très pointus.

Axée sur les innovations technologiques, cette « industrie intelligente » ou « industrie 4.0 » fera aussi naître nombre de nouvelles activités passionnantes !
L’éducation et la formation doivent sans perdre de temps préparer et adapter les profils à ces nouveaux domaines et métiers, car le mouvement d’innovation inédit que nous vivons ne va pas transformer que l’industrie.

Qu’on se le dise, l’impact de la robotique sur l’industrie n’est ainsi que la partie émergée de l’iceberg. La robotique, l’informatique, la connectique, les nanotechnologies ou les neurosciences s’empruntent désormais les unes aux autres, se dynamisent mutuellement pour dessiner un monde qui n’aura demain plus rien de linéaire.

Un monde où l’innovation, devenue exponentielle, ouvrira à l’infini le champ des possibles. Pour y cohabiter harmonieusement avec les robots, les hommes, conduits par les technologies à se réinventer sans cesse, devront aussi réinventer perpétuellement leurs métiers et… leurs technologies.

Didier Gaillard, directeur général d’Expectra

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