La « French touch » existe-t-elle vraiment dans le monde du travail ?

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Sur le marché du travail, les Français se démarquent grâce à une formation reconnue à l’international. Réputés rigoureux, organisés et créatifs, peut-on vraiment dire que la « French touch » est valorisée par les recruteurs et qu’elle permet aux candidats de se démarquer ? Deux experts en recrutement au Québec répondent à la question en apportant un leur éclairage international.

Forts d’une culture qui rayonne à travers le monde, les candidats Français bénéficient d’une aura dans le secteur professionnel. Les marques utilisent même la French touch comme argument commercial. A l’instar de Renault dans sa campagne de publicité intitulée « La French touch, c’est chez Renault » qui a su marquer les esprits en valorisant les Français et leur industrie. Mais qu’est-ce que la French touch sur le marché de l’emploi ? Et est-elle valorisée par les recruteurs ?

« Oui, c’est même un plus pour décrocher un emploi à l’étranger »

Éric Boutié

Pour Eric Boutié qui a lui même recruté trois Français dans son entreprise spécialisée dans l’organisation de salons professionnels à Montréal,

la French touch se retrouve essentiellement dans la formation des candidats.

Éric Boutié, Président de L’Événement Carrières à Montréal.

Les grandes écoles françaises sont en effet reconnues à travers le monde et attirent même des étudiants étrangers qui souhaitent, eux aussi, apprendre de cette culture.

En France, la formation est diversifiée et adaptée au marché de l’emploi. De plus en plus d’écoles proposent des cursus en alternance ou en stage. Elle allie donc parfaitement la théorie à la pratique en donnant même la possibilité de partir faire des semestres à l’étranger. Les jeunes diplômés Français arrivent donc sur le marché de l’emploi avec cette « touch » qui est un plus pour le monde du travail.

Pour Eric Boutié, la French touch, c’est aussi une manière rigoureuse de travailler.

C’est une force pour les candidats. Elle se retrouve par de nombreux aspects dans leur manière de travailler. Par exemple sur le terrain, on pourrait définir la French touch comme une approche rigoureuse, voire perfectionniste. Les Français ont ce souci du détail, du travail au carré, qui est selon moi quelque chose d’assez Français et un vrai atout pour une entreprise», poursuit le spécialiste.

« Non, tout dépend de la personnalité du candidat »

Il est en effet difficile de faire des généralités et de dire que tous les candidats ont cette petite touche en plus.

Joséphine Waels

Joséphine Waels en charge du recrutement des cadres pour la ville de Montréal qui emploie 28 000 personnes,

La French touch, c’est une touche. Un petit plus, c’est vrai mais ce n’est pas forcément une manière de travailler propre à tous les candidats.

Joséphine Waels, Conseillère Dotation des Cadres de direction & administratifs de la Ville de Montréal

Dans le monde professionnel, qui plus est à l’étranger, il est essentiel de savoir s’adapter à la façon de travailler des autres cultures. C’est un vrai challenge qui n’est pas à la portée de tous.

L’approche hiérarchisée et théorique assez caractéristique des Français peut être un frein qui limite les effets positifs de la French touch, selon Joséphine Waels.

Les Français ont une approche stratégique efficace. Le bémol de cette French touch, c’est qu’il est parfois difficile de l’intégrer à l’entreprise. Pour ce faire, il est nécessaire d’avoir de vraies aptitudes d’adaptation.

Pour Joséphine Waels

Il n’y a pas de recette miracle en matière de recrutement. Ce que l’on va privilégier, c’est avant tout le caractère du candidat. Il faut savoir s’enrichir des autres cultures et apprendre des autres méthodes. Il est donc possible d’avoir une certaine French touch,  mais il faut que cela reste une « touch » et surtout qu’elle s’adapte aux autres.

Avec sa culture,  un Français peut apporter une nouvelle approche, une nouvelle vision à l’entreprise pour laquelle il va travailler. Chacun apporte sa mixité. Sur ce point les deux experts sont d’accord. Car pour que cela « match » entre recruteurs et candidats, c’est avant tout une question de personnalité et d’adaptabilité. C’est d’ailleurs tout l’art du recrutement : trouver les bons profils, qui présentent les bonnes compétences et qui peuvent s’adapter à la culture de l’entreprise mais aussi à celles des autres employés…

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