Génération Y : des patrons meilleurs managers que les générations précédentes ?

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L’histoire et la personnalité de Mark Zuckerberg ont fait couler beaucoup d’encre, en mal comme en bien. Mais, un fait reste indéniable : le succès fulgurant de Facebook. Est-ce dû au style de management de son patron ? Les PDG de la Génération Y ont-ils compris quelque chose que leurs prédécesseurs avaient manqué ? Savent-ils mieux mener leurs salariés ? La réponse avec deux experts du management et de la Génération Y.

Deux experts ont accepté de confronter leurs avis sur la question.

OUI. Motivation, engagement et collaboration pour mots d’ordre

debat#7-OUI

Benjamin Chaminade

Les nouvelles formes de management sont complètement différentes de celles, à l’ancienne, des baby-boomers, puisqu’elles sont basées sur le choix. On annonce : « je sais que tu as un problème avec l’autorité, donc je ne vais pas te forcer à faire les choses. Je te laisse les faire comme tu veux ». On essaie d’être au maximum dans la collaboration. »

Benjamin Chaminade, fondateur de Trendemic et co-fondateur de Startup Speaker.

Cela se traduit notamment dans l’entreprenariat amical, lorsque des personnes qui se connaissent depuis longtemps décident de monter une entreprise ensemble.

Leur réflexion sur l’approche du management est là aussi nouvelle, puisqu’elle évolue entre amis et qu’il n’y a pas de rapports hiérarchiques. »

Lorsque vient le moment d’embaucher pour développer l’entreprise, ces fondateurs se tournent naturellement vers des profils similaires.

Ils ont tendance à recruter des passionnés qui trouvent que le projet est extraordinaire et qui veulent en faire partie. Lorsqu’ils y arrivent, c’est le cas de figure idéal. »

L’idée est d’avoir des salariés qui ne sont pas là uniquement pour accomplir une tâche mais qui partagent l’enthousiasme de leur patron pour la mission de l’entreprise, une source de motivation et d’engagement incomparable. Nul besoin alors de multiplier les contrôles pour s’assurer qu’ils fassent leur travail.

C’est aussi une façon de partager la responsabilité. Dans cette version post-moderniste du management, on ne veut plus être managé, ni manager. »

Reste que pour ceux qui se décident à assumer leur costume de patron, cette méthode peut-être extrêmement efficace : Mark Zuckerberg est connu pour sa capacité à obtenir de ses collaborateurs le meilleur d’eux-mêmes et n’est-ce pas le rôle d’un chef d’entreprise ?

NON. Les anciennes générations déstabilisées, les jeunes trop insolents ?

debat#7-NON

Christine Charlotin

C’est au patron et au manager de savoir poser des limites : c’est lui qui dirige, à lui de se faire respecter. »

Christine Charlotin, directrice d’OpenMind Conseil RH

On pourrait croire que les jeunes sont meilleurs car le style de management des années 80 et 90 était vertical, davantage basé sur la hiérarchie et moins sur la collaboration et le partage. Est-ce que ces patrons étaient moins bons managers pour autant ? Non, ils étaient simplement adaptés aux collaborateurs et aux attentes de leur temps et de leur époque »

pose avant tout Christine Charlotin, directrice d’OpenMind Conseil RH.

Les mœurs évoluant, les patrons n’ont pas eu d’autre choix que de s’adapter… Avec plus ou moins de succès, leurs méthodes extrêmes ne faisant pas toujours l’unanimité et manquant parfois de direction.

Les collaborateurs plus âgés sont toujours nombreux aujourd’hui et la situation risque de perdurer puisqu’on va devoir travailler plus longtemps. Or, ces anciennes générations peuvent être déstabilisées par un patron jeune qui exprime trop ses émotions, a moins de retenue et fait preuve d’esprit de camaraderie et de proximité. Mon mot d’ordre est l’adaptation aux contextes et aux attentes. »

Les incompréhensions entre générations ne sont pas le seul risque à tenir à l’œil, comme l’explique Christine Charlotin :

Les jeunes se trouvent énormément dans l’échange et défèrent moins à la hiérarchie. Ils peuvent même aller jusqu’à une forme d’insolence. Ce qui fonctionne bien jusqu’à une certaine limite. C’est au patron de savoir poser ces limites : c’est lui qui dirige, à lui de se faire respecter. Il ne faut pas que les collaborateurs aillent trop loin dans la décontraction au travail. Il doit y avoir des règles et des murs à respecter. Et c’est toujours en fonction de la culture de l’entreprise ! »

En bref, si les patrons issus de la génération Y rencontrent de nombreux succès, ce n’est pas forcément dû à leur âge ou à leur style de management. Car, les exemples de réussite sont tout aussi nombreux chez la génération précédente… Ou même celle d’avant ! Avec son titre de Fortune businessperson of the year en 2013 et son classement parmi les meilleurs PDG américains en 2011, entre autres, Elon Musk fait partie, à 44 ans, des patrons les plus récompensés des dernières années. Et qui pourrait nier les succès de Steve Jobs à la tête d’Apple jusqu’à ses 56 ans ?

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