Les avantages hors salaire

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En échange d’un travail fourni, chaque salarié reçoit une rémunération, comprenant un salaire, mais pas uniquement. De plus en plus d’entreprises prévoient pour leurs collaborateurs un panel plus ou moins large de bonus, financiers ou non, venant compléter la rémunération.

Panorama de ce qui peut être accordé.

Tous les basiques

Il existe trois niveaux de rémunération : propre à l’individu (le salaire en premier lieu), propre à la fonction (part variable pour un commercial, intéressement, voiture de fonction, téléphone, ordinateur, stock-options…) et propre à l’entreprise (financement de formations, cours de sport offerts…). Généralement, les rémunérations propres à la fonction et à l’entreprise sont accordées automatiquement au salarié lors de son arrivée au sein de la société, selon le poste occupé. Par exemple, une entreprise fera bénéficier tous ses commerciaux d’une voiture de fonction, sans qu’il y ait besoin d’entrer dans des négociations.

Thierry Krief

Mais au niveau fiscal, qu’en est-il ?
Auteur de l’ouvrage « Négocier avec son employeur » , Thierry Krief répond :

Si l’avantage fait partie du métier, le salarié n’aura rien à déclarer. Sinon, il devra déclarer 30 % de charges. Un exemple : la voiture de fonction utilisée ou pas hors du
temps de travail. »

Quant aux primes exceptionnelles et cadeaux de fin d’année, « ils peuvent entrer dans une marge de négociation entre l’entreprise et le salarié, poursuit Thierry Krief. La prime, notamment, sert généralement à récompenser les salariés les plus méritants, ayant accompli un travail significatif. Notez enfin que primes, rémunérations et avantages en nature sont exonérés d’impôts. »

Un vaste panel d’avantages

L’entreprise peut aussi accorder à ses salariés plusieurs autres avantages parfois moins connus. Une société peut par exemple prendre en charge une partie des dépenses d’habitation d’un employé travaillant pour partie ou en permanence à son domicile, généralement au prorata de la surface de l’habitat allouée à son activité professionnelle. Elle peut aussi régler les frais de déplacement et les cadeaux d’affaires. Autre avantage financier non négligeable et plébiscité par les salariés : le financement total ou partiel des frais de crèche pour leurs enfants.

Christophe Baumgarten

Attention, si les avantages hors-salaire sont nombreux et dans l’air du temps, il convient de veiller à ce qu’ils ne viennent pas se substituer à une revalorisation salariale. C’est la préconisation de Christophe Baumgarten, avocat spécialisé en droit du travail :

Nombre de ces avantages ne sont pas soumis à cotisation. Le salarié peut donc en perdre automatiquement les droits en cas de maladie, chômage ou retraite. Un ticket-restaurant défiscalisé de sept euros paraît être un avantage à priori, mais le bénéficiaire ne verra-t-il pas plutôt un intérêt à avoir ces sept euros supplémentaires sur sa fiche de paie ? »

Bien-être à la carte

Les agences de conciergerie proposent à leurs clients une large gamme de services : courses, soutien scolaire des enfants, garde d’animaux, ménage… Et elles nouent des liens avec des entreprises désireuses de proposer à leurs salariés un avantage hors salaire précieux.

Sophie Collas

C’est le cas notamment de la société de conseil en communication Elan Edelman, qui met à disposition de ses collaborateurs ce service depuis la rentrée. Sa chief happiness officer Sophie Collas en explique les contours :

Chaque salarié peut y faire appel gratuitement et quand il le souhaite – y compris les week-ends, en congés ou en arrêt. Il peut aussi bénéficier de réductions sur certains services réguliers, comme par exemple une femme de ménage à domicile. »

Salle de sport dans les locaux de la société, cours de fitness gratuits, ateliers cuisine, mediatraining… Le panorama des petits plus accordés aux salariés est large. Sophie Collas estime que « ce type de services entre dans le cadre d’une démarche globale de considération du nécessaire équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. »

De fait, le rapport entre le salarié et son travail prend des formes hybrides via la pratique de loisirs au bureau, l’aménagement d’horaires à la carte et le télétravail. Une mutation déjà opérée dans nombre de start-ups et qui est en passe de se généraliser, observe Thierry Krief :

C’est un système donnant-donnant : l’entreprise fait des efforts d’adaptation et en échange, elle demande également de la souplesse à ses salariés, qui ne comptent pas leurs heures quand il le faut. »

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