Les nouvelles générations peuvent-elles mieux réussir que leurs parents ?

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Juniors contre seniors, le combat est-il perdu d’avance ? Dans une société qui subit la crise économique de plein fouet, force est de constater que le fossé intergénérationnel n’a cessé de se creuser ces dernières années. Si la génération Y est plutôt dépeinte comme individualiste, arrogante et peu motivée, il est souvent reproché à celle des baby-boomers d’être réfractaire au changement et accro à leur travail…

Dès lors, avec de tels stéréotypes, cette nouvelle génération d’actifs est-elle suffisamment armée pour mieux réussir que ses parents ?

Deux experts spécialistes des rapports intergénérationnels en entreprise ont accepté de confronter leur point de vue.

Une plus grande capacité à rebondir

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En tant que technophiles avertis, ces derniers sont ainsi la première génération à arriver sur le marché du travail avec des aptitudes et des compétences que n’avaient pas leurs propres parents »

Daniel Ollivier, directeur de Thera Conseil et auteur du livre Génération Y, mode d’emploi.

Dans un premier temps, une question s’impose : la nouvelle génération a-t-elle la même notion de réussite que ses parents ?

« Le curseur n’est pas du tout placé au même niveau », prévient en préambule Daniel Ollivier. « Pour eux, la réussite ne se limite pas uniquement à la carrière. »
Si cette nouvelle génération a de l’ambition, c’est qu’elle souhaite aujourd’hui réussir sur tous les fronts, ou plus précisément dans trois domaines qui lui tiennent particulièrement à cœur. Le premier de ces leviers étant la vie professionnelle : « Ils souhaitent décrocher un métier intéressant, diversifié, dans lequel ils pourront s’épanouir », affirme Daniel Ollivier.

Autre notion de réussite indissociable : leur vie affective et familiale.

« Cette génération marquée par le divorce de leurs parents donne beaucoup d’importance à l’éducation de leurs enfants et à l’épanouissement de leur couple », souligne le directeur de Thera Conseil.
Enfin, leur troisième levier de réussite réside dans leur épanouissement personnel.

Cette génération Y souhaite consacrer du temps à leurs passions et activités : voyages, sports, jeux vidéos, cinéma. « Préserver leur jardin secret est pour eux un véritable gage de réussite. »
Cette capacité et ce désir de créer un meilleur équilibre dans leur vie plaident ainsi en faveur d’une meilleure réussite : « Alors que nous vivons aujourd’hui dans une société où l’usage des anxiolytiques ne cesse de se multiplier et où le burn-out est désormais monnaie courante, le fait de préserver un regard critique et d’acquérir un certain recul vis-à-vis de l’entreprise permet à cette génération Y de mieux gérer ce monde du travail qui est extrêmement anxiogène ».
Pour Daniel Ollivier, cette nouvelle génération a surtout une capacité à pouvoir rebondir beaucoup plus facilement que celle de ses parents, habitués à vivre dans un monde stable. Leur aptitude à s’adapter au monde qui les entoure est très importante et représente un atout pour leur carrière professionnelle. « En tant que technophiles avertis, ces derniers sont ainsi la première génération à arriver sur le marché du travail avec des aptitudes et des compétences que n’avaient pas leurs propres parents. » Un savoir-faire aujourd’hui essentiel au monde de l’entreprise à l’heure du tout digital.

Une ancienne génération plus impliquée

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Cette ancienne génération a un sens des responsabilités beaucoup plus fort vis-à-vis des objectifs qu’on leur fixe »

Nelly Margotton, consultante, conférencière et formatrice, et dirigeante du Cabinet Phedon.

« Les seniors et les juniors ne se sont pas du tout fixés les mêmes objectifs en termes de réussite professionnelle », admet Nelly Margotton.

Si pour les anciennes générations, le travail représentait une véritable valeur, il en est aujourd’hui tout autre pour la génération Y.

Et pour cause : les études prospectives montrent que de nombreux métiers qui existent aujourd’hui vont être amenés à disparaître avec l’automatisation aussi bien des métiers techniques que tertiaires, et que la création de nouvelles professions ne parviendront probablement pas à les remplacer. « Or s’il n’existe plus de travail pour tout le monde, ce dernier ne peut donc plus être considéré aujourd’hui comme une valeur en tant que telle », argumente Nelly Margotton.

Pour la dirigeante du Cabinet Phedon, la génération des baby-boomers est beaucoup plus impliquée dans leur entreprise et leur travail.

« Cette ancienne génération a un sens des responsabilités beaucoup plus fort vis-à-vis des objectifs qu’on leur fixe, mais également un sens du devoir plus important. » Des valeurs que l’on retrouve aujourd’hui peu chez les nouvelles générations qui restent rarement fidèles à une seule entreprise tout au long de leur carrière professionnelle. Pour se motiver, la génération Y accordera, quant à elle, plus d’importance aux projets de l’entreprise.

Autre facteur qui change la donne et qui peut expliquer ce fossé intergénérationnel : l’accès à la retraite. « Si l’ancienne génération est aujourd’hui assurée de bénéficier équitablement du système de retraite par répartition, la génération Y a peu de certitudes d’en récolter les fruits », constate Nelly Margotton. Un état de fait qui peut également traduire un rapport différent à la valeur travail.

Autre facteur possible de frein à l’implication en entreprise et donc à la réussite professionnelle : le traitement des seniors sur le marché du travail. « La manière dont les seniors sont aujourd’hui traités lorsqu’ils sortent du marché de l’emploi et la difficulté qu’ils ont le plus souvent à se reclasser peuvent freiner les nouvelles générations », souligne la directrice du Cabinet Phedon.

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