Méthodes agiles : effet de mode ou réelle révolution pour l’entreprise ?

0

Procédés de gestion et de développement de projets, les méthodes agiles répondent aux besoins actuels des entreprises : faire face à des marchés concurrentiels et évolutifs auxquels il convient de s’adapter rapidement tout en impliquant davantage ses collaborateurs. Comment les appliquer ? Quels bénéfices en tirer ? Sont-elles réellement applicables dans tous les domaines ?

Concevoir autrement les pratiques traditionnelles de gestion de projets, c’est le sens et le fondement de ce qui est aujourd’hui regroupé sous l’appellation méthodes agiles. Celles-ci regroupent des approches innovantes développées fin des années 80 et formalisées en 2001 par le Manifeste Agile. Elles reposent sur une vision incrémentale et itérative de la gestion de projet, consistant à avancer par répétition de cycles courts et de feedbacks servant à redéfinir peu à peu ce qui sera réalisé par la suite.

Laurent Carbonnaux

Mettre en valeur ce qui va, et remettre en cause ce qui ne va pas pour l’améliorer grâce à des boucles rapides, est profondément ancré dans l’approche agile »

concède ainsi Laurent Carbonnaux, coach agile au sein de cabinet de conseil Ekito.

Favoriser la réactivité face au changement

Les plus courantes s’appellent Scrum, Extreme Programming ou encore, Kanban. D’abord instaurées pour la réalisation de programmes informatiques et donc dans les services dédiés, ces méthodes ont gagné leurs lettres de noblesse au sein des sociétés de services et des agences web, mais plus uniquement. On les retrouve chez de grands groupes français comme Total, Darty, Michelin ou encore Airbus. Au lieu d’être orientées sur les processus, elles sont avant tout centrées sur l’individu conférant à la notion d’équipe et à la communication une place de premier plan. D’autre part, l’approche participative de la conduite du projet est au cœur de la logique.

Alexandre Boutin

Faire intervenir plus rapidement les parties prenantes d’un projet signifie par exemple au sein des processus d’industrialisation, de solliciter les fournisseurs plus tôt dans la boucle et de profiter de leur savoir-faire et donc de leur valeur ajoutée. Faute de quoi, ils restent des exécutants ».

explique Alexandre Boutin, formateur et Coach Agile chez AgileToYou

L’intérêt des méthodes agiles est d’autant plus fort que le risque existe

Puisqu’elles existent depuis plus de 25 ans maintenant, difficile de parler de simple effet de mode. Mais pour les employer efficacement, encore faut-il aller jusqu’au bout de la démarche et que le contexte s’y prête véritablement.

Comme l’explique Laurent Carbonnaux :

Les méthodes agiles ne sont pas applicables partout, tout le temps. Il s’agit d’un modèle organisé et structuré parfois lourd à supporter car nécessitant une rupture au départ pour forcer le changement de comportement des équipes, du management… Leur intérêt est donc d’autant plus fort qu’il existe un vrai risque, de l’incertitude, et de la complexité. Elles requièrent également de la volonté d’initiative, d’innovation et s’inscrivent dans une gestion de projet en équipe focalisée sur des objectifs et une période de temps donnée. »

L’ère digitale nous pousse vers ces méthodes

Si ces méthodes peuvent paraître contraignantes pour certains responsables, elles possèdent en retour des avantages non négligeables comme la satisfaction client, intégrée dès le départ dans la réalisation et le développement du projet. D’autre part, elles permettent de gagner de l’argent ou au moins de ne pas en perdre, en privilégiant la réactivité et en arrêtant s’il le faut le projet plutôt que de le poursuivre jusqu’à son terme inutilement. Un constat particulièrement vrai avec l’arrivée du digital qui renforce les évolutions rapides des environnements côté utilisateurs comme clients.

Pour Alexandre Boutin :

Nous n’avons plus les moyens de faire comme avant où l’on allait au bout de chaque projet. Se tromper était moins grave car les marchés bougeaient lentement. Aujourd’hui, ils fluctuent extrêmement vite, ce qui ne laisse plus le même droit à l’erreur sur la durée. »

L’Holacratie : plus que des méthodes, une organisation agile

Au-delà des méthodes à proprement parler, d’autres ont choisi d’épouser plus largement un modèle d’organisation dit agile. A rebours du classique modèle hiérarchique, l’holacratie en est un exemple. Soit un mode d’organisation et de gouvernance basé sur la responsabilisation des individus, que certains appellent aussi l’entreprise libérée.

L’agilité au sens large englobe des méthodes, une manière de manager ou encore, une organisation. Il est tout à fait possible de piocher dans l’un ou l’autre en fonction de ses besoins et de sa situation », conclut Alexandre Boutin.

Réagissez !

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Vérification de sécurité * Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.