Réconcilier réussite professionnelle et épanouissement

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Chaque année c’est la même chose. La période des entretiens annuels, le moment de faire le point sur notre année et de se projeter. Mais aussi le moment d’espérer évoluer et obtenir une promotion.

Nous espérons que nos efforts seront récompensés et après tout, c’est bien normal. Mais plus que sur nos efforts, nous sommes évalués sur la valeur que l’on apporte à l’entreprise.

D’ailleurs comment cette valeur est-elle mesurée ? Pour la majorité des métiers de type « Knowledge worker », notre production n’est pas seulement liée à notre travail mais est issue d’un processus collaboratif avec des responsabilités diffuses.

Dans ce cadre, comment sortir du lot ? Quelles sont les approches possibles ?

Par Thomas Chambon

Thomas Chambon

L’approche tactique : travailler son image et sa valeur perçue

Une tactique efficace est de concentrer nos efforts non pas sur notre production mais sur notre valeur perçue par l’entreprise.

Par exemple, en parlant fort en réunion, en envoyant les bons mails pour s’attribuer le mérite des réalisations (qui ne sont pas totalement les nôtres), en développant des liens relationnels avec la hiérarchie. Et en utilisant notre temps pour essayer de porter des “actions transverses” bien visibles, avec le reporting auprès des chefs. Tout ça prend du temps et se fait donc en partie à la place de la production de valeur réelle.

N’est-il pas vrai que ces tactiques sont très efficaces, surtout dans les grandes organisations ?

Mais est-ce une bonne stratégie à long terme qui amènera à une carrière épanouissante ?

L’approche stratégique : se recentrer sur l’essentiel

Nous sommes dans un monde qui s’accélère. Le travail évolue rapidement, autant par la transformation digitale et l’automatisation que par l’arrivée de générations ayant de nouvelles attentes. Les métiers porteurs de demain n’existent pas encore. Une carrière « normale » sera de plus en plus fragmentée et nécessitera de se réinventer plusieurs fois.

« Beaucoup de gens pensent qu’on obtient de la stabilité dans sa carrière en minimisant les risques. Mais ironiquement, dans un monde changeant, c’est l’une des choses les plus risquées que vous pourriez faire. » Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn

Une approche stratégique pourrait consister à ne plus prioriser la progression à l’ancienne, par le jeu de la posture et de la politique. Mais de se recentrer sur le développement d’un véritable « capital de carrière », autour de compétences rares et demandées.

C’est ce capital de carrière qui nous donne une véritable valeur et nous rend remarquables. Dès lors, nous pourrons négocier nos conditions et obtenir un travail épanouissant.

Choisir cette approche consiste à prioriser le développement de nos compétences clés. Même si cela implique de faire des choix qui paraissent surprenants, comme de refuser certaines missions prestigieuses ou d’abandonner le confort d’une situation.

C’est une stratégie qui revient à se considérer soi-même comme sa propre entreprise, avec ses compétences comme actif principal. Et comme toute entreprise, en tenant compte de l’évolution du marché et en acceptant la prise de risque.
D’autant plus que nous serons de plus en plus amenés à nous confronter régulièrement au marché, et donc à devoir rester attractif.

L’épanouissement : au-delà de la réussite professionnelle

L’approche centrée autour du capital de carrière permet d’être en position de force lors de nos choix car nous avons de la valeur et nous sommes remarquables.

Mais comment orienter nos choix ? Comment arbitrer entre des missions prestigieuses (dans un pays où le management reste la voie royale) et des missions épanouissantes ?

Comme le décrit très bien Danier H. Pink dans son livre La vérité sur ce qui nous motive, un travail épanouissant comporte des caractéristiques principales :

  • De l’autonomie et du contrôle sur notre manière de travailler.
  • De la maîtrise : le développement d’une excellence autour de nos compétences. Autrement dit, se sentir bon dans son travail et d’avoir une reconnaissance de nos pairs.
  • Un sens : l’impression que notre travail est utile et s’inscrit dans une mission plus large à laquelle on adhère.

Trouver un travail ayant ces caractéristiques n’est pas forcément simple. Ce sont des emplois recherchés.

L’approche stratégique n’est-elle donc pas un très bon moyen d’être suffisamment remarquable et demandé pour pouvoir prioriser nos choix et se créer un travail vraiment épanouissant ?

Le coup de cœur de Thomas Chambon
« Deep Work : retrouver la concentration dans un monde de distractions » de Cal Newport

Bio du blogueur

Thomas Chambon

Thomas Chambon est ingénieur en Intelligence artificielle.

Après son diplôme d’ingénieur en informatique, il a travaillé pendant 7 ans en cabinet de conseil puis dans l’industrie. Intéressé par la philosophie et l’évolution de la société, il s’exprime régulièrement sur Internet. Depuis 2018, Thomas a suivi sa passion pour l’intelligence artificielle et s’est lancé dans le domaine.

Retrouvez-le sur https://thomaschambon.com
LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/thomas-chambon-0a648664/

 

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