Comment les entreprises françaises se positionnent-elles face au télétravail ?

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Depuis quelques années, le télétravail est mis à l’honneur dans les entreprises.

Par définition, le télétravail désigne toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail, qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur, est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon régulière et volontaire, en utilisant les technologies de l’information dans le cadre d’un contrat de travail ou d’un avenant à celui-ci.

En France et en 2014, on compte 14% de télétravailleurs (salariés du privé et du public). Ce qui peut paraître assez faible au regard des pays scandinaves et anglo-saxons où le télétravail concerne plus de 20 % de salariés.

Néanmoins, la France est passée de 9% à 14% de télétravailleurs en 6 ans.

Notons que le télétravail a été légalisé en France depuis à peine 2 ans, à la fois pour soutenir son développement, mais aussi pour lui apporter des bases légales.
Il faut savoir qu’un accord national interprofessionnel a été élaboré dès 2005.

En tant que Responsable RH, j’ai pu remarquer que les entreprises qui s’engagent dans le télétravail le font pour répondre à certains enjeux comme la diminution du micro-absentéisme, l’augmentation de la productivité, l’amélioration de l’articulation vie professionnelle – vie personnelle ou bien la fidélisation de leur personnel.

En pratique, pour l’avoir expérimenté, il est souvent compliqué de travailler chez soi (problème de place, d’outils numériques, de vie familiale).

Pourquoi ne pas réfléchir à la création d’une ville numérique au travers de lieux tiers, comme des télécentres interconnectés (en Ile-de-France, par exemple).  Les télécentres sont principalement  implantés en régions et tendent à se développer en Ile-de-France, le Conseil Régional en a d’ailleurs financé 14.

Le télétravail peut être également utilisé, à la demande de l’entreprise, dans le cadre d’une la réorganisation, pour accompagner un déménagement ou la fermeture d’un site (exemple de Hewlett Packard).

L’évolution de ce nouveau mode de travail reste intimement liée aux conditions managériales.

En France, la culture du présentéisme et le comportement des managers mettent à mal le développement du travail en mobilité. Le développer nécessite une évolution des pratiques managériales.

De fait, le manager doit passer d’un système tayloriste avec une organisation par le contrôle, à un management par objectif, basé sur la confiance.
Ce changement pourra s’effectuer si la question de la posture du manager est abordée lors des formations des managers.

Le télétravail fait bouger les lignes des organisations, notamment dans la manière d’aborder les horaires et le lieu géographique du travail.

En effet, lors du colloque du 26 mars à Paris sur le sujet de la transformation numérique de l’entreprise, Orange et le journal Le Monde ont présenté une innovation intéressante :
les espaces de coworking qui sont une alternative au travail à domicile.

Karen Demaison

Karen Demaison

Karen Demaison

En 2009, après un parcours de 11 ans en tant que consultante, formatrice et responsable Ressources Humaines dans un cabinet de conseil en Ingénierie et Recherche & Développement (17 000 personnes), Karen Demaison a capitalisé son expérience sous forme d’un Master Ressources Humaines & Responsabilité Sociale d’Entreprise.

Elle obtient, le 8 décembre 2010, le 3ème prix dans le cadre du prix 2010 du meilleur mémoire Master RH Santé, Sécurité, Qualité de Vie au Travail, organisé par l’AINF, l’IAS et Référence RH : http://cestpar.la/589566

En 2010, Karen Demaison, crée Critères de Choix, cabinet de conseil en stratégie humaine et articulation des temps. Elle anime des conférences auprès de l’Observatoire de la Parentalité en Entreprise, CFE-CGC, ARACT, ANDRH, SciencesPo, CJD, Groupe Caisses des Dépôts…et est l’auteure d’une étude « Articulation des temps de vie en entreprise – Panorama dans le secteur du conseil ».

Elle est également l’auteure du blog Vers une articulation des temps de vie !

Depuis 2013, Karen Demaison souhaite s’investir de nouveau en tant que Responsable Ressources Humaines au sein d’une organisation pour confronter le monde des idées à la vraie vie de l’entreprise.

Suivre Karen Demaison sur Twitter : @Karen_DEMAISON

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2 commentaires

  1. Et qu’elles sont les entreprises qui pratiquent le télétravail? Pour moi, cela est un critère de choix de l’entreprise car cela témoigne de la modernité du management (je ne supporte pas le presenteisme!)

  2. Consultant depuis 2012, je pratique une solution gagnant-gagnant qui est un mixte de télétravail et travail sur site. En effet tous les domaines d’activités ne sont pas adaptable au télétravail. Par exemple, dès qu’il faut un outil de production couteux qui doit tourner en 3x8h, on comprend bien qu’il n’est pas concevable de le déplacer à la maison de chacun. Pour ce qui me concerne, en expertise et développements électronique, je fourni un travail sur objectif de meilleure qualité et performant avec une moyenne de 50% télétravail 50% sur site, voir même 80% télétravail 20% sur site selon les projets. Tout le monde n’est pas près pour le faire aussi bien les entreprises que les salariés/consultants car comme tout ça se prépare. Par exemple, j’ai une pièce de la maison dédiée au télétravail, ça ne fonctionnerait pas, en tout cas pour moi, de télé-travailler depuis le salon avec la famille autour, la télé, la musique, la cuisine … La solution des pôles de télétravail ou télécentres est intéressante ça peut être un outil de développement des communes autour de grand pôle d’entreprise.
    Ce qui est sûr faire acte de présence n’est pas gage de performance, ce qui pêche, les encadrants doivent avoir des compétences techniques, sans quoi ils parlent de choses sans en comprendre les enjeux. A mon sens trop de commerciaux décrochent des contrats sans en mesurer les besoins techniques d’où une explosion des délais qui mettent gravement en péril les sociétés prestataires mais aussi les sociétés clientes qui pense avoir fait une bonne affaire, sauf que peu à peu ils perdent de leur savoir faire, et ne maitrisent plus les délais, ne font plus que de la gestion d’incident, mais en cette période de crise des remises en question s’opèrent… à suivre, mais je m’éloigne un peu du sujet, quoique encadrer des équipes en télétravail demande ces compétences.Le télétravail est un outil pour améliorer la productivité et performance en jouant sur le confort des travailleurs. Mais il faut savoir le piloter, cela nécessite des remise en causes de méthode et mentalité de management.
    C’est passionnant!

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