Culture de l’échec : 7 bonnes raisons d’adopter les pratiques d’autres pays

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Face à la notion d’échec, toutes les cultures ne sont pas égales. De plus en plus de Français tendent ainsi à s’inspirer d’autres mentalités (anglo-saxonne, scandinave ou latino-américaine par exemple), qui prônent le fait d’assumer les erreurs et les imperfections. Quelles sont les vertus de cette « culture de l’échec » en entreprise ?

Winston Churchill pensait que « Le succès consiste à aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme ». Une vision qui incarne bien la fameuse « culture de l’échec », de plus en plus populaire auprès des entrepreneurs français. L’objectif n’est pas de valoriser les insuccès ni se réjouir des ratés, mais bel et bien de les relativiser. Et de s’en servir… pour mieux rebondir.

Voici 7 vertus de l’échec inspirées d’autres pays.

1. Savoir faire la part des choses

En France :

On redoute l’échec parce que l’on a tendance à l’assimiler avec la personne qui échoue, à confondre l’échec d’un projet avec l’échec de la personne. « On nous inculque très tôt que rater c’est au final être un raté », observe Clara Kindt sur LinkedIn, dans son article « La culture de l’échec n’est qu’une question de perception ».

Ailleurs :

On comprend qu’il faut dissocier l’échec de la personne, et que ne pas s’identifier à ses propres erreurs, c’est améliorer sa confiance en autrui et son estime de soi.

« Avoir échoué, en France, c’est être coupable. Aux Etats-Unis, c’est être audacieux », rapporte Simon Blin pour Libération.

2. Paraître plus authentique

En France :

L’erreur est une honte que l’on doit cacher pour ne pas abîmer son image.

« L’élite française a pris la mauvaise habitude de dénier ses échecs », observe Charles Pépin, auteur de l’essai Les vertus de l’échec. « Conséquence : ils ne changent pas de comportement, de raisonnement. C’est une maladie. La phrase « je n’ai jamais connu l’échec » dans la bouche d’un membre de l’élite est assurément la phrase d’un raté ! »

Ailleurs :

Walt Disney, Steve Jobs, Barbara, Marilyn Monroe, Oprah Winfrey…

Les médias regorgent d’exemples et de listes d’entrepreneurs célèbres ou autres personnalités qui ont connu un échec cuisant (ou une multitude) avant de rencontrer le succès. Leur point commun ? Assumer ces moments peu glorieux de leur passé, au lieu d’essayer de les cacher.

3. Développer ses qualités

En France :

On a trop tendance à glorifier les parcours « sans faute », alors que ceux-ci ne sont pas forcément bénéfiques pour le développement de la personnalité.

« Plus tard on connaît l’échec, plus on s’écroule facilement », estime Charles Pépin. « Prenez un excellent élève au parcours sans faute, qui débute sa carrière après avoir fait HEC et qui n’a jamais connu le moindre échec… Le premier risque de faire très mal. Y compris s’il est dérisoire ! D’autant plus qu’un échec est parfois nécessaire pour nous faire comprendre que l’on ne va pas dans la bonne direction… »

Ailleurs :

L’échec n’est pas forcément synonyme de régression. Au lieu de nous diminuer, bien au contraire il nous fait grandir.

« Dans les pays nordiques, l’échec est perçu comme une preuve d’audace, comme une marque d’expérience, même comme une aventure, rapporte Clara Kindt. Aux États-Unis où le libéralisme domine, il est une étape indispensable pour accéder au succès. Il faut échouer pour devenir humain, pour prendre la mesure de son talent, de sa complexité, de son humilité. » Apprendre à chuter pour pouvoir se relever, c’est aussi la base de la résilience, aussi utile dans la vie professionnelle que personnelle.

4. Apprendre

En France :

Charles Pépin regrette «l’incapacité de l’école à ne pas apprendre à ses élèves le courage de se tromper sous peine d’être sanctionné», critiquant «cette idéologie hexagonale où l’on culpabilise dès sa première mauvaise note en classe de CM1.»

Ailleurs :

« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends », a déclaré Nelson Mandela.

L’une des vertus les plus connues de l’échec est en effet le rôle essentiel qu’il joue dans nos processus d’apprentissage. Ne pas réussir est donc non seulement bénéfique, mais surtout indispensable à tout progrès. Les Américains « considèrent donc qu’avoir des cicatrices, avoir des faillites dans son CV est positif. Alors qu’en France, on nous dit qu’il ne faut absolument pas avoir d’échecs » affirme Philippe Rambaud, fondateur de “60 000 rebonds”, une association qui aide les chefs d’entreprise à se relever après un échec. « Objectivement, la meilleure forme d’apprentissage, c’est l’échec. C’est le meilleur moment pour apprendre.»

5. Se connaître soi-même

En France :

Les entrepreneurs français peinent à accepter l’échec, selon des études analysées par Amaury Bucco pour Le Figaro.
« Seuls 18% des entrepreneurs allemands interrogés jugent l’échec comme étant inacceptable, contre 31% en France ! »

Ailleurs :

Nos erreurs et nos imperfections sont une excellente occasion d’entamer une démarche d’introspection.

Philippe Rambaud recommande lui aussi d’effectuer un travail « psycho-professionnel, c’est-à-dire un travail sur l’erreur et la compréhension de l’échec. Il faut que l’entrepreneur se demande qu’est-ce qui est de son ressort et qu’est-ce qui résulte de l’environnement. Il faut qu’il comprenne ses responsabilités personnelles. »

6. Se sentir en vie

En France :

« Ceux qui ne se trompent jamais sont souvent ceux qui ne font rien », déclare Marc Simoncini interrogé par Quentin Périnel pour Le Figaro. « Je distingue deux catégories de personnes : les “et” et les “mais”. Le premier est ambitieux, il additionne les projets sans crainte, avec inspiration “et” passe son chemin. Le second aimerait avancer, “mais” il ne cesse de se mettre des bâtons dans les roues. »

Ailleurs :

« L’échec, c‘est l’épice qui donne sa saveur au succès », estimait Truman Capote.

Savoir prendre des risques, échouer, se relever… sont des expériences éprouvantes mais exaltantes, qui vous stimuleront davantage que le choix du confort et de la sécurité. Savoir échouer permet aussi d’adopter une mentalité plus adaptée à l’entrepreneuriat, note Philippe Rambaud, interrogé par Maxime Hanssen pour La Tribune.

7. Avoir meilleure réputation

En France :

Celui qui échoue est celui « qui n’a pas bien travaillé ou qui n’a pas suivi les règles », explique Antoine Moulard pour Les Echos. « L’échec est directement associé à la personne derrière le projet. Cela est donc vécu comme une honte et la confiance envers cette personne tend à diminuer. Une peur se construit autour de l’échec, on cherche à minimiser les risques pour réussir. »

Ailleurs :

Dans d’autres cultures, avoir à son actif un ou plusieurs beaux échecs est un véritable atout face à de potentiels collaborateurs.

« Lorsque j’étais à la recherche de fonds, les investisseurs américains à qui je me suis adressé m’ont demandé combien de fois je m’étais planté avant de venir les voir. Ils ont refusé de me prêter de l’argent, car je n’avais jamais échoué. Ils m’ont dit de revenir quand j’aurais deux ou trois échecs à mon actif », raconte Philippe Rambaud.

Est-il toujours judicieux pour autant d’évoquer ses échecs en entretien ? Et si oui, de quelle façon ? C’est le sujet de notre débat de la semaine.

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