Désamour au travail : les symptômes

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Entre votre travail et vous, ce n’est plus le grand amour ? Au point de vous estimer malheureux au travail ? Il semblerait qu’un Français sur cinq partage votre opinion. Petit tour d’horizon des symptômes du désamour professionnel.
Bilan en France

Au début vous ne parliez que de lui, votre amour était tout neuf, tout beau et semblait parti pour durer… Désormais vous allez le rejoindre en traînant les pieds, le quittez avec soulagement et envisagez même la rupture (de contrat).

Vous n’êtes pas seul : selon Challenges.fr, une enquête réalisée par l’institut de sondage et cabinet de conseil américain Gallup révèle que la France obtient l’un des pires scores d’Europe de l’Ouest en matière de satisfaction au travail. « Seuls 6% des salariés sondés en février-mars 2018 s’affirment engagés au travail, c’est-à-dire très impliqués à la tâche et enthousiasmés par leurs missions professionnelles », rapporte Marion Perroud.

L’enquête Steelcase, mentionnée par Paul Louis du Figaro, renseigne quant à elle sur les raisons de cette désaffection : « les employés français ressentent un manque de contrôle sur les aspects clés de leur travail et un niveau de stress élevé », l’environnement de travail est jugé « impersonnel ».

Autres raisons courantes : un manque de reconnaissance, de mauvaises conditions de travail ou relations avec la hiérarchie ainsi qu’une charge de travail trop importante. Les conséquences ? Burn-out (épuisement au travail), bore-out (épuisement professionnel par l’ennui) ou même brown-out (perte de sens).

Les signes qui ne trompent pas

S’agit-il juste d’une mauvaise phase, ou votre emploi a-t-il tout bonnement cessé de faire battre votre cœur ? Voici quelques symptômes révélateurs.

Le mal-être émotionnel

L’enthousiasme des débuts s’est envolé et votre instinct vous souffle : « quelque chose ne va pas ». Ce sentiment de mal-être diffus peut aller de la simple démotivation (parfois passagère) à l’irritabilité chronique, en passant par toutes les nuances de spleen et d’ennui.

Comme le décrit Marie-Pierre Noguès-Ledru de L’Express Emploi : « Le matin, vous partez au bureau en traînant les pieds. Tout vous semble compliqué à gérer, votre patron et vos collègues vous agacent, vous ne vous sentez plus créatif. Vous ressentez un mal-être où se mêlent déception frustration, mais aussi peurs, colère ou ressentiment, angoisse diffuse. »
Le pire ? Quand ce sentiment vous poursuit jusque chez vous, et provoque une angoisse d’anticipation même les jours où vous ne travaillez pas.

La solitude

Vous n’avez plus envie de passer du temps au travail, ni avec les gens qui y sont d’ailleurs. Toute relation est basée sur des intérêts et activités en commun. En amour comme au travail, préférer se replier sur soi plutôt que de fréquenter l’autre est donc rarement bon signe.

En outre, « le premier indice de satisfaction est d’avoir un bon ami au travail », selon les statistiques de la DARES. Un sondage réalisé par l’institut Gallup appuie également l’impact des relations sur l’ambiance de travail et l’engagement : « les personnes qui ont développé une amitié très proche avec un ou une collègue ont sept fois plus de chance d’être motivées par leur travail ».

Si vous êtes un loup solitaire, il est peut-être temps de vous interroger, de changer de milieu de travail et de vous entourer de collègues qui vous correspondent davantage.

Des conflits incessants

Comme dans un couple, quelques disputes de temps en temps peuvent être un indice de bonne santé. Si elles deviennent constantes, c’est un avertissement à ne pas ignorer.

« Lorsqu’il existe des tensions sur le lieu de travail, le bien-être individuel dépend avant tout des relations avec la hiérarchie. Si celles-ci sont bonnes, les tensions avec les collègues n’ont qu’un faible impact négatif sur le bien-être individuel (calculé selon un indice élaboré par l’Organisation mondiale de la santé). En revanche, les tensions avec la hiérarchie sont associées à un fort décrochage de cet indice », souligne un article de Slate d’après l’analyse des données de l’enquête DARES.

La prochaine fois que vous vous prendrez le bec avec un manager ou un client, posez-vous la question : simple turbulence ou signe d’un désamour plus profond ?

Une baisse de productivité ou de créativité

Elles peuvent avoir plusieurs causes : votre poste est en-deçà de vos qualifications, vos supérieurs n’exploitent pas suffisamment vos talents, vous ne vous sentez pas « vous-même » dans vos tâches… Mais le résultat est le même : vous ne parvenez plus à vous impliquer et, pire, vous n’avez plus envie de trouver des moyens de rallumer la flamme.

L’envie d’aller voir ailleurs

Une autre entreprise vous fait de l’œil ? Vous enviez le poste tellement plus épanouissant de tel ou telle collègue ? L’ambiance d’un autre service ou secteur vous semble infiniment plus en adéquation avec vos valeurs humaines et professionnelles ?

Ce type de sentiment est révélateur et amène souvent à deux finalités. La première : un regain d’intérêt pour son poste actuel car vous n’avez pas été séduit par vos échanges avec d’autres structures ou services. La seconde : l’envie d’aller voir ailleurs se confirme et aboutit au départ.

Alors, l’amour de votre travail est-il réduit à néant ou une flamme persiste encore ? Et si cette affection ne dépendait pas que de vous ? C’est le sujet de notre débat du mois : est-ce le rôle du manager de s’assurer de l’épanouissement de ses collaborateurs ?

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