Fabrice Mazoir : « Il faut choisir le bon moment pour négocier son salaire »

0

La négociation du salaire peut s’avérer une étape difficile voire même douloureuse pour certains… Difficile mais pas impossible, selon Fabrice Mazoir, responsable éditorial du site Régions Job et auteur du blog « Mode(s) d’emploi »

 

Les salaires ont-ils été impactés par la crise économique ?

fabrice-mazoir

 

A mon avis, les salaires n’ont pas baissé, il y a plutôt eu un gel des augmentations. En 2010, celles-ci ont seulement progressé de 2 à 2,5 %. Seuls les métiers qui requièrent des compétences rares et où il y a une pénurie de candidats ont été épargnés. Les commerciaux ont, quant à eux, renégocié leur rémunération entre le salaire fixe et variable, étant donné que leurs objectifs ont parfois été revus à la baisse.

 

L’argent est souvent un sujet tabou… Comment faire pour en parler avec un employeur ?

Il faut lever ce tabou et essayer de se décomplexer par rapport à l’argent ! Et garder en tête que c’est un échange : le candidat apporte ses compétences à l’entreprise, il est normal qu’il soit payé en retour… Quoiqu’il en soit, il faut prendre la rémunération dans son ensemble. Cela signifie qu’il ne faut pas regarder uniquement le salaire annuel mais également les avantages qu’offre le poste : le treizième mois, la mutuelle, les tickets restaurants, l’intéressement sur le chiffre d’affaires, etc. Et jouer également sur d’autres avantages en nature où les marges de négociation sont parfois plus grandes : téléphone, ordinateur, frais, voiture…

Quand peut-on négocier son salaire d’embauche ?

Il faut choisir le bon moment : ni trop tôt, ni trop tard… Ce ne sera pas opportun, par exemple, d’aborder ce sujet lors d’un premier contact téléphonique car avant de donner ses prétentions salariales, il faut prendre la température du poste. En revanche, le candidat peut le faire à la toute fin de l’entretien d’embauche, durant l’étape des questions. Le plus souvent, c’est le recruteur qui prend les devants. Une astuce : si, par pudeur, le candidat n’ose pas donner ses prétentions salariales, il peut toujours retourner la question du recruteur et lui demander ce qu’il a prévu comme rémunération pour le poste…

Comment faire pour ne pas paraitre trop « gourmand » ?

Il faut avoir, au préalable, mené son enquête, afin d’être le plus crédible possible. Surtout lorsqu’on est un jeune diplômé. Le candidat peut consulter un baromètre de salaire sur Internet, la grille de salaire de la convention collective de sa future entreprise, les sites web de syndicats… Il est primordial de prendre en compte la région dans laquelle le poste se situe : les salaires parisiens étant entre 10 et 15 % supérieurs aux salaires en régions, même si l’écart sur certaines fonctions a tendance à s’atténuer. Plutôt qu’un chiffre précis, il est préférable de donner au recruteur une fourchette de salaires avec une marge raisonnable de 15 % maximum, entre 30 et 35 000 euros brut par an, par exemple.

Une fois en poste, comment obtenir une augmentation ?

Beaucoup de salariés profitent de l’entretien annuel d’évaluation pour demander une augmentation… C’est une erreur ! Mieux vaut trouver un moment où le recruteur a moins de demandes : en été, par exemple. Pour décrocher une augmentation, il faudra argumenter et justifier sa demande. Si le poste occupé a évolué, que le salarié a de nouvelles responsabilités, il peut demander à être récompensé pour le travail effectué. En cas d’échec, il a tout intérêt à réessayer l’année suivante. Ça ne coûte rien de demander !

Vous abordez également la thématique des salaires dans le blog «
Mode(s) d’emploi » , dont vous êtes l’auteur… Dans quel contexte l’avez-vous créé ?

Je l’ai crée il y a un peu plus de trois ans dans le cadre du lancement de la plateforme de blogs de RegionsJob. J’y partage ma vision personnelle, parfois décalée, de l’emploi et du marché du travail. Je donne notamment des astuces pour rechercher du travail, des conseils sur l’e-recrutement… Et depuis deux ans, le blog respecte la parité avec une nouvelle rédactrice. Nous avons récemment créé de nouvelles rubriques sur l’emploi vert, l’expatriation, l’emploi au féminin… Nous avons de plus en plus de visiteurs par mois : entre 40 000 et 50 000.

Propos recueillis par Aurélie Tachot

Réagissez !

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Vérification de sécurité * Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.