Faut-il nécessairement aspirer à devenir manager aujourd’hui ?

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Beaucoup d’exigences, moins de reconnaissance, le rôle de l’autorité questionné par l’arrivée de la génération Y…

Devenir chef est-il toujours un facteur de réussite ?

Être manager aujourd’hui requiert des qualités nouvelles, à la fois professionnelles et humaines. Une position dans laquelle tout le monde ne s’épanouit pas forcément. Analyse de deux spécialistes.

OUI, « Accéder à des fonctions d’encadrement demeure l’évolution naturelle d’une carrière ».

Aspiration ou pas, « le monde des affaires nous amène de plus en plus à encadrer, un jour ou l’autre, une équipe de collaborateurs » explique Karine Merle, professeur de gestion des ressources humaines à l’IDRAC Lyon.
Et si les manières de manager ont évolué, « accéder à des fonctions d’encadrement demeure l’évolution naturelle d’une carrière ».

 Faut-il nécessairement aspirer à devenir manager aujourd'hui ?
Un phénomène particulièrement présent dans une société axée sur le tertiaire. Le travail est de plus en plus collaboratif, et les relations humaines omniprésentes.

Après avoir acquis une expertise, « la progression logique est de devenir responsable d’équipe ou de prendre en charge la gestion d’un projet » estime Karine Merle.

Ainsi, sans forcément aspirer à devenir manager, travailler sur des projets importants passe presque toujours par l’animation d’une équipe, petite ou grande.

Toutefois, « obtenir le statut de manager n’est plus vu comme une consécration. » précise Karine Merle. « La reconnaissance n’est plus une question de titre ou de statut. »

Ce qui n’enlève rien au challenge que représentent les fonctions managériales
souligne-t-elle : « les exigences qui reposent sur les épaules d’un manager sont encore plus importantes aujourd’hui, que ce soit en termes de délais, de polyvalence, de réactivité… Elles supposent une implication plus forte au sein de l’entreprise qui demande d’être reconnue et valorisée. »

NON, « Être manager suppose des qualités et des aspirations que tout le monde n’a pas ».

Être manager ne convient pas à tous les profils », estime Karine Aubry, coach et fondatrice de Kolibri Coaching, « car cela suppose des qualités personnelles et des aspirations que tout le monde n’a pas. »

Si hier encore l’encadrement semblait une étape incontournable dans une carrière, voire son aboutissement, notre coach observe que la donne change. Faut-il nécessairement aspirer à devenir manager aujourd'hui ?

A commencer par la fonction de manager. Les qualités nécessaires pour encadrer une équipe ne sont plus les mêmes.

« Il ne suffit pas d’être expert dans son domaine. Le manager doit se placer aujourd’hui dans une position plus humaine : il doit chercher à promouvoir ses collaborateurs, à les faire grandir. »

Un rôle de coach, alors ? Pas tout à fait : le lien hiérarchique, l’intérêt commun dans les résultats, ne permettent pas une relation de coaching.

En revanche, le manager nouvelle génération doit adopter certaines postures du coach : « jouer de bienveillance, donner de l’écoute, rendre l’autre acteur, encourager l’autonomie, la confiance dans son travail… ».

Plus que l’expertise, c’est désormais l’intelligence sociale et émotionnelle qui fait l’encadrement réussi d’une équipe.

Changé aussi, le contexte des affaires, leur rythme. « Une entreprise moderne vit le changement permanent, dans un environnement rempli d’inconnues et d’incertitudes. »
La réactivité est de mise, surtout pour le manager, ce « rouage essentiel entre stratégie et opérationnel, qui absorbe les chocs et rend le fonctionnement de l’entreprise possible ».
Le management moderne doit mettre en avant la capacité à écouter, convaincre, motiver et conduire le changement au sein des équipes.

Une position qui, selon Karine Aubry, ne convient pas à tous les profils. Dès lors, les entreprises et leurs collaborateurs font face à un nouveau défi : comment apporter et trouver de la reconnaissance sans passer par la case management ?

« En appréciant davantage les compétences et les aspirations de chacun, répond la coach. Par exemple, être considéré comme un expert dans son domaine, est extrêmement
valorisant.
 ».

Approfondir ses connaissances, se spécialiser ou au contraire changer de métier au sein de l’entreprise, animer un projet… Autant de tendances nouvelles, génératrices de reconnaissance.

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