Guide de survie par temps de crash

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Le temps de travail diminue. La pénibilité physique du travail s’est globalement stabilisée. Le droit du travail s’est étoffé.

Ca devrait donc aller mieux au travail, et pourtant, selon un sondage de l’Anact, parmi les 40% de français qui se déclarent « stressés », 60% le seraient du fait de leur travail. Tandis que les TMS (troubles musculosquelettiques), liés au stress, sont devenus la première cause de maladie professionnelle reconnue en France.

Parce que le travail s’intensifie ?

Pas seulement. « Actuellement, tout se passe, pour de nombreux salariés, comme s’il n’y avait plus que des pointes, que des urgences », analyse Philippe Davezies, chercheur en médecine du travail : sur la chaîne, l’ouvrier est incité à moins de rigueur dans le contrôle des soudures, l’aide soignante est contrainte de passer son repas mixé à la personne âgée parce qu’elle ne dispose pas du temps nécessaire pour l’aider à manger, l’employé de banque doit vendre le produit financier sur lequel son établissement fait campagne sans trop s’appesantir sur la situation de son client, etc.

Résultat, poursuit le chercheur : « Les collectifs explosent car ce qui les fonde, c’est le sentiment de partager un certain type de rapport au travail, au monde. Or, quand chacun fait ce qu’il peut, quand chacun tente de définir pour lui ce qu’est un travail bien fait, les valeurs communes disparaissent ». D’autant plus que, désormais, chacun a ses horaires, son salaire, ses primes, ses tâches. Individualisés.

Comment réintroduire du collectif dans les nouvelles organisations du travail ?

Telle est désormais la question si on se préoccupe du malaise des salariés, mais également de la qualité du service proposé, du produit mis sur le marché, jusqu’à la sécurité assurée lorsqu’il s’agit de secteurs sensibles (nucléaire, médicaments, etc.).

Qu’il existe des conceptions différentes de la qualité du travail, dans l’entreprise, c’est normal », estime Yves Clot, psychologue du travail. « Mais vous remarquerez que ceux qui se suicident étaient les plus attachés au travail bien fait, et qu’ils ont souffert que la définition de celui-ci ne soit même pas discutée ».

Il s’agit donc de mettre en discussion le contenu du travail, d’élaborer des compromis, car, dans l’entreprise, tous sont, de fait, solidaires : « liés par une responsabilité et des intérêts communs », rappelle le dictionnaire.

Elsa Fayner

Le bien-être au travail

Elsa Fayner, 35 ans, journaliste, s’occupe de la rubrique Eco de Rue89 et s’intéresse plus particulièrement au monde du travail.

Elle a créé et anime depuis janvier 2009 le blog  » Et voilà le travail, Chroniques de l’humain en entreprise« .

Sur le sujet, elle a également écrit le livre « Et pourtant, je me suis levée tôt…« ,  une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires (Panama, 2008), et réalisé des documentaires tv (« Travailleurs à bas prix », 52′, France 2, 2009 ;

« Call centers : les nouveaux prolétaires », Envoyé Spécial, 2010, « Nucléaire: la bombe humaine« , 52′, France 5, 2012).

En savoir plus sur Elsa Fayner et son blog

 

Coup de coeur blogueur
Lire le coup de coeur d’Elsa Fayner pour L’ordinaire, une pièce de théatre de Michel Vinaver 

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