Jeunes diplômés : nos conseils pour trouver un emploi à la rentrée

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700 000 à 800 000 jeunes achèvent cette année leur formation et s’apprêtent à débarquer sur un marché de l’emploi en berne. Une période de flottement qui ne doit surtout pas empêcher de rester actif. Et optimiste.

Depuis quelques semaines, études et sondages se télescopent et rendent compte du même postulat : beaucoup d’entreprises suspendent ou réduisent les embauches, une posture attentiste qui inquiète forcément les jeunes diplômés du cru 2020. Dans le climat actuel, quelles stratégies mettre en œuvre pour décrocher son premier emploi ?

Rencontre avec Claire Lhuissier, coach professionnel, spécialisé dans la supervision et la formation aux métiers de l’accompagnement et maître de conférences associé à Polytech Nantes.

Cette année scolaire se finit pour le moins bizarrement. Beaucoup d’étudiants se demandent notamment si leur diplôme aura moins de valeur.

Certes, la situation que nous vivons aujourd’hui est extraordinaire mais il faut la remettre en perspective. Leur préoccupation est bien légitime mais en temps ordinaire, les jeunes diplômés se posent toujours la même question : suis-je assez diplômé ? Et si le diplôme reste un prérequis en France, il n’est pas suffisant.

« Post-confinement, il n‘y aura pas de nouveaux critères concernant l’employabilité, ils continueront à se faire sur la singularité du candidat, ses softs skills, ses projets ».

Quels conseils donneriez-vous à un jeune diplômé qui cherche un emploi ?

Il a trois choses à faire. Premièrement, il doit valoriser ce qu’il a appris à travers cette crise. Comment s’est-il adapté au confinement ? J’ai l’exemple d’un étudiant qui a mis en place un tableau de bord de reporting de données. D’autres qui ont appris à maîtriser le travail à distance en jonglant avec les outils de visio, et en apprenant la pédagogie et l’animation de réunions, un atout potentiellement intéressant pour de futur management de projets.

« Deuxième chose à faire et c’est fondamental : montrer qu’il a profité de ce temps pour accomplir ce qu’il n’aurait pas eu le temps de faire en temps ordinaire. »

Comme ces étudiants de Polytech qui ont monté la plateforme Co.llectif.fr pour faire du lien entre des bénévoles et des personnes qui ont besoin d’aide. Ou ces étudiants de la région lilloise qui ont livré des carrés potagers prêts à l’utilisation en garantissant des ventes sans contact avec paiement en ligne. Ils ont permis à des gens confinés de faire leur coin de jardin. Des initiatives formidables à ajouter à un CV.

En somme, des idées qui permettent de sortir du lot

En effet, ce type de projet renforce leur singularité car ce n’était pas un projet téléguidé par une école mais une initiative personnelle. Et on sait que les recruteurs cherchent des profils autonomes, polyvalents, créatifs… Et si certains n’ont pas monté de projets, ils en ont profité pour prendre de l’avance sur leur développement personnel. Ils ont compris le focus des soft skills et se sont inscrits à des sessions de formation en ligne. J’ai aussi entendu parlé de cet étudiant qui s’est volontairement confiné avec son grand-père pour apprendre la marqueterie avec lui. Non seulement il a acquis un savoir-faire manuel mais il pourra valoriser cet apprentissage de travail en intergénérationnel et on sait que c’est très un sujet très important au sein des entreprises.

« Enfin, la troisième chose à faire dans cette recherche d’emploi, c’est de cultiver son réseau professionnel. »

Il y a un espace qui s’ouvre pour prendre soin de son réseau et se reconnecter via d’autres formes de lien. D’habitude, on considère le réseau comme quelque chose qu’on sollicite quand on en a besoin. Je pense plutôt que c’est là où on se rend utile et un jour peut-être, on pensera à vous. Cette période est aussi idéale pour faire un nettoyage de l’identité numérique sur les réseaux sociaux.

Certains étudiants rêvent de trouver la bonne entreprise mais vont peut-être opter pour un job alimentaire. Ils craignent que cette incohérence de parcours puisse les desservir ultérieurement.

Post-crise, on est dans une logique d’urgence voire de reconstruction. Un jeune diplômé peut tout à fait avoir un job alimentaire pour les 18 prochains mois, cela l’autorisera à plus de flexibilité pour mener des projets en parallèle. Il n’y a pas d’état d’âme à avoir. Ce type de job reste un projet professionnel, l’idée est d’expliquer en quoi cette expérience a fait grandir le candidat et de montrer la cohérence sur son CV.

Pendant les prochains mois, la prudence reste de mise. De nombreux entretiens de recrutement vont continuer à se faire par vidéo.

Il faut vraiment s’entraîner à l’entretien vidéo car tout ce qui s’évalue en présentiel n’est plus de mise. Il est nécessaire de bien soigner l’éclairage, le cadrage, sa tenue, sa diction et de tenir un propos construit et attractif. Post-entretien, il ne faudra pas hésiter à recontacter le recruteur. La relance est d’autant plus légitime dans ce cadre particulier. Si auparavant, on s’autorisait une voire deux relances téléphoniques, on peut rappeler deux à quatre fois son interlocuteur en lui laissant quand même du temps pour le laisser respirer.

Article publié sur Monster, écrit par Nathalie Dépret

 

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