La difficile vie de bureau

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Disons-le d’emblée, la question du bonheur au travail est insoluble !

Ceux qui travaillent dans une entreprise internationale savent que le rapport au travail d’un Allemand, d’un Coréen, d’un Italien ou d’un Français est très différent.
Et quand on « descend » au niveau individuel, les écarts dans les aspirations se creusent bien plus. L’appréciation du « bonheur » reste en effet très «subjective ».

En revanche, repérer un mal-être, généralisé, localisé ou individuel est à la portée du premier manager venu. En déterminer les causes – et les remèdes – peut parfois être plus délicat.

La première de ces causes, évidemment, est la menace sur la survie de l’entreprise. Il faut rappeler sans cesse qu’il est plus facile de vivre dans une entreprise riche et en bonne santé (qui se développe) que dans une entreprise pauvre et malade.

Et pourtant, alors même que tous les indicateurs économiques sont au vert, on entend souvent :

dans cette boîte, dans ce service, l’ambiance est pourrie».

D’emblée, rappelons cette évidence qu’une entreprise est avant tout un lieu où se nouent des coopérations,  où se créent des interactions entre des êtres humains.
Or, si l’on en croit Jean-Paul Sartre «l’enfer c’est les autres».

Parmi ces autres, le plus important c’est votre boss, votre chef, votre patron direct. Il est censé donner du sens à vos actions sans être autocrate, favoriser votre épanouissement  sans vous infantiliser,  promouvoir le travail transversal mais intervenir pour arbitrer, déléguer mais décider vite, décider vite mais vous écouter, vous féliciter mais sans complaisance,  vous recadrer mais avec doigté…

Le manager idéal serait donc une espèce de surhomme capable de résoudre une multitude de contradictions insolubles.
Évidemment,  quand il s’empêtre, « ça retombe sur vous. »
Pour le moins, c’est ainsi que vous le vivez.

Alors, dites-vous bien que votre vie au bureau serait plus sereine si vous acceptiez, une bonne fois pour toutes, que le chef idéal n’existe pas et qu’une partie de vos enjeux, de vos talents réside dans votre capacité à vous accommoder d’un chef imparfait.

Si on veut bien considérer avec bienveillance les injonctions auxquelles il doit faire face, si on veut bien prendre le temps de l’écouter comme on aimerait qu’il nous écoute, un chef imparfait – et ils le sont tous – ça se gère !
(Je vous invite à découvrir la rubrique « Comment gérer son chef ? » sur mon blog)

Dès lors, évidemment, qu’il n’est pas un vrai sale con.

En effet, l’autre figure emblématique du malaise au bureau c’est le sale con ! Le vrai méchant, le pervers qui se délecte des disgrâces des collègues, l’expert du savonnage de planche, le virtuose des coups en douce…

Celui que tout le monde déteste mais que tout le monde craint. Celui qui passe son temps dans le bureau du chef à débiner ses collègues ou ses collaborateurs, celui dont le plaisir consiste à vous voir souffrir.

Toutes les organisations n’en nourrissent pas en leur sein, mais toutes courent le risque d’en voir surgir un qui pourrira l’ambiance bien plus sûrement que le client exigeant ou le fournisseur négligent.

Les entreprises s’honoreraient à se fixer comme priorité managériale l’éradication des sales cons, en commençant par ceux qui ont des responsabilités managériales. C’est assez facile à faire car, les vrais sales cons sont parfaitement identifiables :
sur le podium de la méchanceté, ils font l’unanimité et personne, vraiment personne, ne leur reconnaît de circonstances atténuantes.

Mais, bien entendu, il faut lever l’omerta qui généralement entoure leurs nuisibles agissements.

Autre domaine qui mériterait d’être abordé franchement, c’est  ce que les sociologues nomment  «les irritants sociaux».  Tous ces petits dysfonctionnements qui ne sont jamais réglés et qui agacent, mais agacent…

De la moquette sale au réseau informatique qui tombe régulièrement en rideau, de l’ascenseur qui se bloque à la clim qui fonctionne à l’envers, de l’inévitable rupture de stock de papier au fil électrique qui traîne…

Tous ces détails donnent le sentiment que « la direction » néglige – ou pire encore, ignore – les problèmes quotidiens de ses collaborateurs.

Pourquoi, une à deux fois par an, ne pas prendre le temps d’en faire l’inventaire en commun et chercher des solutions. L’exercice n’est pas très stimulant intellectuellement mais qu’est-ce que ça fait du bien quand on enlève tous ces petits cailloux de nos chaussures.

Il existe évidemment d’autres causes de malaise au bureau  et, sur ce sujet, vous pouvez utilement consulter le blog de Mars Lab.

Pour conclure, partant de ces trois exemples, pour ce qui me concerne, la méthode pour remédier aux causes de malaise au bureau passe par trois étapes :

  • admettre l’imperfection,
  • l’affronter en en parlant,
  • et chercher, ensemble, les solutions pour qu’elles soient tolérables.

Christian Oyarbide

Christian Oyarbide

Christian Oyarbide

Après avoir commencé sa carrière en tant que Directeur de projets informatiques à la BFCE, à la CDC, au Crédit National, et chez Natio-Vie (Groupe BNP), Christian Oyarbide prend en 2000 la Présidence du Directoire de Prepar-Vie.

En 2007, il est nommé Directeur Général de La France Mutualiste.

Depuis 18 mois, en qualité de Directeur Général, il a accompagné l’UMR (Union Mutualiste Retraite) dans le cadre d’une mission de Management de transition.

Christian Oyarbide est également le fondateur et animateur du Cercle Vivienne, think tank réunissant des acteurs de la Protection Sociale.

Passionné de question de management, depuis quatre ans, il anime un blog quotidien :
Mortel Management.

Vous pouvez retrouver Christian Oyarbide sur Twitter : @coyarbide

Coup de cœur Blogueur
Lire le coup de coeur de Christian Oyarbide à propos du livre « L’idée de Justice » d’Amartya Sen

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