Le handicap : un sujet à part dans le monde des ressources humaines, du recrutement et du management

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Handicap et travail, deux notions incompatibles au point qu’il faille systématiquement les séparer ? Sommes-nous confrontés à des représentations différentes du handicap dès lors que l’on franchit la porte de son lieu de travail ?

Prenons le regard sur le handisport, même s’il doit encore évoluer, il est influencé par une notion de mérite et de courage, voire d’admiration, propre à la performance sportive. Celui concernant l’accessibilité urbaine a été longtemps synonyme de contrainte. Et même si le paysage est loin d’être rose, au regard des difficultés à appliquer la loi à échéance 2015, les choses ont finalement beaucoup avancé en une vingtaine d’années au profit du «vivre ensemble».

Du côté du monde du travail, les choses avancent :

  • des lois et des entreprises qui rivalisent d’ingéniosité et de créativité pour afficher leur bonne volonté et intégrer le handicap au travail,
  • un taux d’emploi qui progresse malgré tout,
  • un milieu protégé qui se structure,
  • des réussites en matière d’accès à la formation via l’alternance,
  • une véritable volonté des acteurs publics et associatifs de mettre les moyens et de changer le regard sur le handicap.

Mais, un constat reste invariable : le handicap est toujours un sujet à part dans le monde des ressources humaines, du recrutement et du management.

Pour faire évoluer cette perception, sans culpabiliser, je propose de nous autoriser à un «droit à l’indifférence». Un droit de ne pas savoir ce qui se cache derrière ce terme si particuliers, de ne pas être stigmatisé parce que porteur de handicap, d’être managé en fonction de ses forces et de ses faiblesses.

Ce «droit à l’indifférence» ne pourra avoir de sens que s’il est contrebalancé par celui de l’accès à la bonne information, au bon moment.

Une visibilité facilitée et accessible à ce qui fait la richesse de ce sujet. Savoir de quoi on parle, avec qui, que l’on puisse être aidé à comprendre sans culpabilité, juste quand c’est le moment ou l’occasion.

Je suis persuadé que les réseaux sociaux et les projets collaboratifs sont une partie de cette solution.

Les exemples sont près de nous et constituent déjà des succès.

Les conditions de la réussite de ces approches plus accessibles et collaboratives :

– savoir «lâcher» un peu de communication corporate pour une communication plus concrète sur ce sujet,

– faire le lien entre la communication digitale (globale et RH) et la thématique du handicap pour décliner et créer une véritable marque employeur handicap au service de toutes les entreprises.

Stéphane Rivière

Stéphane Rivière

Stéphane Rivière

Professionnel des ressources humaines et en particulier du recrutement innovant depuis 1996, Stéphane Rivière a démarré sa carrière chez Alexandre TIC. Il a d’abord créé une entité spécialisée dans l’accompagnement des start-up du net lors de la première vague de l’économie numérique à la fin des années 90 : @TIC.

Il intègre ensuite en 2002, l’Association Pour l’Emploi des Cadres à Lyon puis à Grenoble où il prend la direction du centre Apec de la capitale des Alpes en 2006. C’est un retour aux sources pour ce diplômé d’un Master 2 RH de l’Université de Grenoble 2.

Toujours impliqué et moteur autour des réflexions et de la mise en pratique du recrutement par les talents, il intègre naturellement la problématique du handicap dans l’organisation d’un salon de recrutement régional en 2007 à l’échelle du sillon Alpin.

Il crée avec les acteurs locaux la démarche Handicadres qui deviendra un an plus tard la démarche éponyme de l’Apec au niveau national. Le principe, rendre visibles tous les acteurs du handicap et de l’emploi d’une zone géographique et les intégrer à un salon de recrutement traditionnel.

A partir de 2008, il pilote et anime cette démarche au niveau national sur l’ensemble des salons organisés par l’Apec.

En juin 2011, il se lance dans l’aventure entrepreneuriale en créant Talentéo première entreprise en France à utiliser les réseaux sociaux au service de la visibilité des entreprises et des candidats en situation de handicap.

L’entreprise est composée aujourd’hui de 10 personnes au service d’une expertise unique : l’animation de communautés handicap et emploi au service de la marque employeur et d’un sourcing optimisé.

Lire un interview de Stéphane Rivière, fondateur de Talentéo
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Coup de cœur Blogueur
Lire le coup de coeur de Stéphane Rivière  à propos de la série télé « Vestiaires » sur France 2

1 commentaire

  1. Je ne suis pas d’accord avec vous concernant le fait de se « delcupabiliser » concernant l’emploi de travailleurs handicapés. Je pense que la seule et unique solution est littéralement de supprimer la discrimination, sous toutes ses formes, y compris la « positive ». C’est la seule manière de remettre les gens à égalité dans l’emploi. De l’autre coté, il faut prévoir et concevoir que TOUT établissement, privé, public est susceptible de recevoir un public handicapé. Donc il faut tout adapter, et concevoir les choses dés le départ avec cette opportunité. Actuellement, les choses sont pensées à contre sens. On part du postulat de croire que le handicape est une situation exceptionnelle, et accidentelle, qui ne concernerait qu’une minorité. C’est faux. Concidéront que dés le plus jeune âge (l’enfant en poussette), poussé par sa mère, est une personne à mobilité réduite, concidéront que l’adolescent ou l’adulte , en béquille, pour un accident, ou de manière permanente, est une personne handicapée, et cela prend tout son sens quand on s’intéresse à notre population vieillissante, qui elle aussi, devient mal entendante, mal voyante, ou grabataire en fauteuil roulant. Le handicape n’est pas quelque chose de minoritaire, c’est « une étape » plus ou moins longue, selon les cas , dans l’existence de tout un chacun. En partant du postulat que chacun à un moment de sa vie, sera handicapé, on résous le problème de l’intégration et de l’acceptation, vu que TOUT LE MONDE est concerné. Combien d’économies réalisées en « travaux » dans les appartements, si chacun qui veut acquérir son domicile (ou une résidence secondaire) pense, au moment ou il en fait les plans, au moment ou, pour des raisons de santé, il ne sera plus capable de monter les 11 marches de l’escalier de l’entrée? Combien ça coute, de devoir , à perte, vendre sa maison construite ainsi, par ce qu’il faut payer la maison de retraite à 2500 euros par mois (ou plus) par ce « papy » ne peux plus l’habiter seul? Combien de patrimoines, parfois exceptionnels, disparaissent ainsi dans des frais médicaux et de « garderie médicalisée ».

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