L’optimisme en entreprise : une nécessité ?

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Précieux outil pour les uns, véritable diktat pour les autres, la pensée positive est LA dernière tendance. Aucun domaine n’y échappe : du développement personnel au couple en passant par le monde de l’entreprise, il faut po-si-ti-ver. Mais l’optimisme dans le travail est-il un remède magique ou une arme à double tranchant ?

L’optimisme : une qualité fédératrice

« Ce ne sont pas les événements qui font la différence, mais notre manière d’y réagir » : l’optimisme a l’avantage d’entretenir la motivation et par là même de stimuler la productivité.

« Être enthousiaste et croire en un projet donne à notre tête et à notre corps des indications de l’ordre du « c’est possible ». Alors on se met en mouvement pour parvenir à ses fins ; il faut croire en un but pour l’atteindre », affirme Yves de Montbron de La Ligue des Optimistes de France.

D’autant plus efficace quand il s’agit de motiver une équipe toute entière. Car l’énergie positive -tout comme son contraire- est contagieuse. Autre bénéfice de l’optimisme ? Il donne à vos collaborateurs l’envie de travailler avec vous, et peut ainsi contribuer à vous ouvrir de nombreuses portes.

« Reconnu pour votre énergie positive et vos capacités créatives, d’autres feront appel à votre savoir-être et savoir-faire pour accompagner des projets. Cela permet alors de connaître d’autres personnes, d’autres problématiques, d’élargir son réseau et son spectre de connaissances », souligne Yves de Montbron.

Le gestionnaire de projet idéal serait-il donc un éternel optimiste ? Peut-être bien, surtout que son esprit positif s’accompagne généralement d’une grande créativité : « Croire en un projet et se mettre en mouvement pour l’atteindre engendre le besoin d’innover pour contourner les éventuelles barrières. Ainsi, être optimiste sur un projet dans une entreprise va ouvrir des voies créatives insoupçonnées », constate encore le membre de la Ligue des Optimistes.

Mais attention à ne pas tomber dans l’excès de confiance et de témérité ! S’il peut être un bon leader ou motivateur de troupe, l’optimiste doit aussi savoir s’entourer de pessimistes/réalistes qui lui permettront de garder la tête froide.

Pensée positive et gestion du risque

Car oui, il est possible de pécher par excès d’optimisme. Pour l’économiste et psychologue Daniel Kahneman, « un optimisme « délirant’’ caractérise structurellement les entrepreneurs et les dirigeants. Cette illusion que le succès sera forcément au rendez-vous est très certainement encouragée par un système de pensée qui favorise les croyances à défaut de la rationalité », rapportent Jérôme Monne et Christophe Villa pour Les Echos Entrepreneurs. « Il y a de toute évidence une mauvaise évaluation des risques de la part de beaucoup d’entrepreneurs. »

Ainsi, les résultats d’une étude publiée en 2013 par Graham, Harvey et Puri attestent d’un lien entre « optimisme et prise de risque excessive chez les dirigeants d’entreprise. Plus ils sont optimistes et plus l’exposition à la dette de l’entreprise (synonyme de plus grand risque) augmente. »

Comment aider un collaborateur à mieux apprécier et gérer les risques ? Pas forcément en l’incitant à être plus pessimiste…mais plus rationnel et prudent. A adopter un système de pensée où l’on fait « l’effort de ne pas se limiter à ce qui est disponible sous nos yeux mais bien d’envisager les scénarios qui ne se voient pas de prime abord », conseille Kahneman.

Mieux maîtriser les risques, « c’est également accepter que le hasard puisse jouer un rôle parfois aussi important que le nôtre dans nos succès : nous sommes naturellement trop enclins à penser que l’on peut tout maîtriser, et cela minimise notre perception du risque et de l’incertitude. Enfin, il faut mettre de côté l’instinct et le flair dans nos décisions pour leur préférer les nombres et les rapports. »

La solution : l’équilibre

L’optimisme forcené peut vite basculer dans la naïveté, tout comme un réalisme obstiné frise souvent le pessimisme. L’idéal ? Essayer de combiner ces deux traits de caractère pour parvenir à un équilibre plus efficace, aussi bien personnellement que professionnellement. Selon un article du Journal du Net, la psychologue Sophia Chou aurait observé une plus grande tendance à la réussite et au bonheur chez « les personnes qui ont l’attitude positive des optimistes couplée à la vision rationnelle des réalistes. » Les « réalistes optimistes » seraient en effet « volontaires pour faire face aux défis avec une vision claire de la réalité. Mais ils utiliseront leur créativité et leur vision positive de la vie pour essayer de sortir du problème. »

Pour parvenir à cet équilibre au sein d’une entreprise, nul besoin d’encourager chaque collaborateur à travailler sur sa personnalité (quoique…). Mais il est important de veiller à ce que les équipes soient composées d’un mélange de caractères complémentaires, entre idéalistes fédérateurs et réalistes qui utilisent leur pensée critique à bon escient.

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