Oublier de recharger ses batteries, c’est risquer le burn-in !

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J’ignore si l’Académie française l’a validée ou non, mais l’expression « burn-out » est entrée dans le langage courant. Nous avons tous un exemple de personne en « burn-out » et nous savons quand nous sommes ou avons été épuisés.

Pourtant, la phase qu’il serait important d’identifier, c’est la phase précédent le burn out : le « burn-in ».

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Dans « J’arrête de m’épuiser », nous détaillons avec Cédric Bruguière, manager carrières pour une grande entreprise française, les mécanismes du « burn-in ». Cet état caractéristique du schéma de l’épuisement précède le burn-out et se définit par une frénésie d’activités qui vont littéralement nous « brûler » de l’intérieur…

Contrairement à la dépression, qui se caractérise par le manque d’envie, une personne en « burn-in » a envie de beaucoup de choses : elle s’accable même de travail, sans jamais dire non à rien, jusqu’au craquage du « burn-out ».

Quand un téléphone est déchargé, nous le rechargeons. Pourquoi quand notre corps se décharge et nous envoie des signaux d’alertes, nous l’ignorons ? C’est pour cette raison que nous proposons dans notre livre une batterie cartonnée à détacher et à colorier. Avez-vous répondu à vos besoins primaires et physiologiques aujourd’hui ? Avez-vous dormi, bu, mangé ? Comment évaluez-vous, vous-même, votre état d’épuisement ? Nous vivons une période où nous pensons avoir besoin d’un iPhone et envie de manger.

Une image circule sur Internet illustrant parfaitement l’épuisement digital. Une personne demande à l’autre : « Tu viens te coucher ? » et l’autre répond : « Non, je ne peux pas, quelqu’un a tort sur Internet. »

S’éteindre ponctuellement, se mettre en jachère digitale, peut permettre de récupérer avant un épuisement. D’ailleurs, le Syntec conseil a récemment accepté le principe d’un « droit à la déconnexion » des cadres. Si le télétravail a permis de casser les frontières géographiques et de tendre vers une plus grande souplesse d’organisation, il incite également à une connexion permanente de peur de « manquer quelque chose » qui à terme, maintient le cerveau dans une vigilance continue mauvaise pour la productivité et la sérendipité, cet art de trouver des solutions aux problématiques que l’on n’a pas posées !

Au point que la déconnexion (ou la « moins connexion ») devienne une quasi philosophie de vie, comme l’a décrit Guy Birenbaum dans son dernier livre « Vous m’avez manqué, histoire d’une dépression française » (Les Arènes) consacré à son burn-out 3.0 (bien qu’il n’apprécie pas le terme) et qu’il partage aujourd’hui… sur Twitter. Diminuer ses usages numériques pour se sentir mieux et y revenir plus serein ? Une méthode approuvée par de grands dirigeants de la Sillicon Valley qui inscrivent leurs enfants dans des écoles sans connexion, comme Waldorf… Steve Jobs expliquait : « Mes enfants n’ont pas le droit de jouer immodérément à l’iPad. Je suis bien placé pour en connaître les risques… »

Le coup de cœur de Marlène Schiappa
La vidéo « technophobe » de Cyprien.

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Marlene Schiappa

Marlène Schiappa

Marlène Schiappa vient de publier « J’arrête de m’épuiser – 21 jours pour prévenir le burn-out » chez Eyrolles, avec Cédric Bruguière, manager carrières.

Après avoir travaillé dans la pub et le digital, elle a fondé l’association et le blog « Maman travaille » qu’elle anime depuis 8 ans en et hors ligne. Marlène Schiappa est aussi engagée politiquement, au titre de la société civile : adjointe au Maire du Mans, déléguée à l’égalité, et conseillère communautaire. Ses livres traitent de la maternité, de la vie professionnelle des femmes et de la conciliation des deux. Son roman « Pas plus de 4 heures de sommeil » paru chez Stock l’an dernier vient d’être republié au Livre de Poche. Mélissa Theuriau en a acquis les droits pour une adaptation au cinéma.

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