Rien n’a changé mais tout a évolué en matière de recrutement

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Pour être recruté, il faut encore aujourd’hui envoyer un CV, avoir un profil en adéquation avec la recherche et passer des entretiens. Dans la théorie rien n’a changé au cours des dernières années en matière de recrutement… Et pourtant…, de nouveaux moyens et lieux sont venus perturber cet équilibre où un candidat, surgi de nulle part, peut se propulser et arriver à coiffer sur le poteau n’importe qui pour décrocher ce fameux job tant désiré !

par Alban Jarry

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La pratique a été révolutionnée. En matière de recrutement, les règles du jeu varient d’une entreprise à l’autre, le meilleur candidat sait s’adapter !

Steve Jobs disait « la créativité, c’est seulement de mettre les choses en connexion ».

Un candidat doit savoir se réinventer pour se présenter sous son meilleur jour. Il doit effectuer un personal branding efficace pour montrer au recruteur qu’il est LE candidat 3.0.

Ainsi devenu un produit dont on compare chaque caractéristique, il doit se bâtir une vitrine numérique qui valorise le plus possible ses compétences et son talent. LinkedIn, Twitter, Facebook, … sont devenus autant de lieux où la présence numérique peut soit avantager un candidat, soit le desservir. Il y a souvent peu de juste milieu. Pensez-vous qu’une Dacia offre le même niveau de prestations qu’une berline de luxe allemande ? Non … Cela semble évident ! Pourtant un profil faiblement enrichi, avec une photo non professionnelle et une expertise peu décrite seront rédhibitoires.

A l’inverse, une mise en avant des compétences, une ligne éditoriale soignée, une interaction avec d’autres experts et cerise sur le gâteau, des publications, propulseront le candidat dans la catégorie « impressionnant ». La seconde catégorie est atteignable par tous ceux qui s’en donnent les moyens et recherchent un travail en veillant à leur image de marque.

Les réseaux sociaux pour trouver un emploi ? Quelle idée ! Pourquoi s’embêter alors que les réseaux physiques ont toujours très bien marché. En tant de crise, il ne faut pas hésiter à se remettre en question et voir les choses autrement.

Vous pensez que Twitter est complètement inutile dans une recherche ? Et pourtant … le recruteur que vous visez y aura peut-être un profil grâce auquel il vous sera beaucoup plus facile de le joindre que dans la vraie vie ou sur LinkedIn. Toutes les pistes doivent être explorées. Une recherche au XXIème siècle se construit par une prise de conscience de l’intérêt d’être interactif dans l’écosystème où sont présents les professionnels. Il ne faut jamais oublier la force de tous les réseaux dans une recherche.

Lorsqu’en août 2012, j’ai su que j’allais me retrouver dans un plan social, ma première action a été d’ouvrir un profil LinkedIn pour sauvegarder mon carnet d’adresse. Quelques mois plus tard j’ouvrais un blog et un profil Twitter puis proposais des tribunes aux principaux journaux économiques de mon secteur. Finalement, je ne suis resté qu’une semaine au chômage, à l’issue du congé de reclassement et j’ai pu trouver le travail que je visais. Trois ans plus tard, cette résilience m’aura permis de transformer ma visibilité dans le monde professionnel, d’être vu, parait-il, comme une des personnes les plus influentes du numérique et du web social en France. Si je l’ai fait, alors je suis persuadé que tout le monde peut y arriver. Dans ma façon de rechercher un emploi, j’ai tout changé et le cours de ma vie professionnelle a tout simplement changé.

Le coup de cœur d’Alban Jarry : le collectif #i4emploi

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Alban Jarry

Alban Jarry

Alban Jarry est un financier et un assureur. Spécialiste du numérique, des stratégies de marques et de l’influence, il intervient à HEC et écrit de tribunes pour la Harvard Business Review et Les Echos. Il est l’auteur de « 112 regards sur Twitter » et est régulièrement classé parmi les 100 comptes les plus influents de Twitter à Paris.

Blog : albanjarry.com
Twitter : @alban_jarry

4 commentaires

  1. Je trouve dommage que l’on en arrive à mélanger l’aspect privée avec l’aspect professionnel. Un Facebook est du monde du privé, alors faire une analyse d’un individu à partir des réseaux sociaux ressemble plus à du flicage que de la recherche des compétences d’un individu. Si on en est arrivé à ce point aujourd’hui, je trouve cela navrant et dangereux.

  2. Bonjour,
    Monsieur Alban JARRY,
    je suis un vieux monsieur qui a été un pionnier dans l’utilisation poussée de l’informatique et, à l’époque (1980-1990), il fallait du courage pour résoudre tous les bugs du matériel, des supports de sauvegarde et des logiciels peu fiables.

    Lorsque je suis sorti de l’Université (avant de poursuivre des spécialisations « business – finances »), toutes les grands entreprises (américaines pour la plupart) venaient nous présenter leur panel d’offres d’emplois, toutes plus alléchantes les unes que les autres.
    Certains recruteurs faisaient passer des tests et des « entretiens en groupe » à une bonne vingtaine de candidats (l’horreur absolue) mais « les chasseurs de tête » gardaient trace des candidats convoqués et proposaient des emplois dans les six mois aux non-élus de la première chance.
    A l’époque, l’ETRE était bien plus important que le PARAÎTRE.
    Sauf en France où le corporatisme était déjà bien ancré avec les « grandes écoles parisiennes » (les écoles supérieures de « Province » n’étaient pas bien cotées)…

    Aujourd’hui, le PARAÎTRE et le CORPORATISME se sont imposés : le classement se fait par école, par numéro de sortie (pour « les meilleures »), par type de stage (gratuit), par recommandation…
    Il faut se répandre en futilités sur « les réseaux sociaux » : « faire du bruit », montrer des belles plumes que l’on n’a pas, faire semblant d’être heureux…
    C’est exactement ce que vous préconisez.

    Or, vous connaissez bien toutes les dérives de ce système et, si vous ne les connaissez pas, il est temps de vous instruire.
    Les « boîtes de recrutement » traitent les candidats avec désinvolture comme des agents immobiliers « placent » un produit : le mépris est partout.

    EXPECTRA n’échappe pas à la règle mais, c’est bien !
    Même vous, vous êtes « beau comme un sou neuf », un grand monsieur 3.0 : vous avez un blog de chercheur, vous parlez de tout… ce que vous ne connaissez pas (notamment dans « mon domaine) et vous donnez des conseils, vous avez certainement des « comptes sociaux » qui vous permettent d’afficher votre bonheur et votre réussite…

    Les entreprises elles-mêmes sont tombées (pour la plupart) dans le panneau mais…
    – La croissance française est l’un des plus faibles d’Europe (en termes réels, elle est négative) ;
    – La France est tombée au 5° rang mondial en matière de PIB ;
    – Le chômage de masse a déjà détruit la solidité de sa « classe moyenne » ;
    – Son classement au BNB 2013 (Bonheur National Brut) la situe au 25° rang ;
    – Elle est classée à la 25° place sur l’échelle du CPI (corruption), juste devant les Emirats (score 70) ;
    – Ses « grandes écoles » régressent (la première Française est la « super » Polytechnique au N° 101)…

    Les assureurs et les banquiers sont les grands gagnants :
    – l’argent (fausse monnaie et argent mal gagné) coule à flot dans les grandes entreprises et dans la Haute Finance ;
    – Les « grandes entreprises » sont devenues des administrations, avec des comptable s partout, tous formés et diplômés pour gérer la richesse des actionnaires financiers ;
    – Les comptables ont « validé » leur diplôme corporatiste (DCG) comme au bon vieux temps du Moyen Âge ;
    – Les ERP et « Business Intelligence » remplacent la créativité et le bonheur de « vivre et travailler ensemble »…

    Le PARAÎTRE est devenu la seule règle qui compte : cela permet de cacher les misères.

  3. Evidemment, je ne me fais pas d’illusion…
    Vous allez sérieusement « modérer » mon message.
    Autrement dit : poubelle !
    Il faut bien vivre… d’illusions !
    Seule, la réalité nous rattrapera : en tant que ex-Financier International, je peux vous dire que le Tsunami (qui est en vue sur nos côtes) va balayer tout ce monde de la Caverne (Allégorie).
    Les illusionnistes ne survivront pas, et vous feriez bien d’y réfléchir sérieusemenT

  4. bonjour,

    le recrutement a évolué. je suis entièrement d’accord avec cela. la visibilité a changé, les générations ont changé. Aujourd’hui le candidat se montre sous différents profils. Et il me semble qu’avec cette nouvelle génération y et z, ce n’est pas tant à ces personnes de se vendre mais bel et bien à l’employeur de se vendre, de mettre en avant le poste. Attirer la meilleure personne pour ce poste. Le recruteur n’est plus dans l’attente de cv, tout juste si il a besoin de publier une offre, il consulte ce vivier géant de profils sur ces différents réseaux, à la recherche de compétences. Et propose. D’ou l’importance de la qualité du profil. Je trouve toutefois dommageable l’importance donnée à certains réseaux, tel Facebook, qui effectivement relève plus du privé. si aujourd’hui on prône le  » restez soi meme « , et donc une similitude dans l’attitude pro et perso, je reste septique sur ce point.

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