La transparence des salaires est-elle souhaitable ?

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Selon un sondage Harris Interactive réalisé en septembre dernier, 70 % des Français du secteur privé et public sont favorables à la transparence des salaires. Bonne ou mauvaise idée ?

Si certaines entreprises, telles que Lucca, OpenClassrooms ou Tilkee, ont déjà fait le choix de la transparence des salaires, cette pratique est encore loin d’être la norme en France où la rémunération reste un sujet tabou.

Pourtant remis sur le devant de la scène en octobre dernier dans le cadre de la loi Pacte, les partisans de la transparence des salaires n’ont que très partiellement obtenu gain de cause. Un timide amendement impose ainsi aux grandes entreprises cotées de communiquer l’écart entre le salaire moyen des collaborateurs et celui de leurs dirigeants, ainsi que l’écart avec le salaire médian. Fallait-il aller plus loin et imposer une transparence totale ?

Pour les défenseurs de la transparence, un tel dispositif permettrait d’instaurer une relation de confiance, d’impliquer plus les salariés, d’augmenter leur efficacité, de réduire le turn-over, mais également le taux d’absentéisme. Cela serait également un moyen efficace de lutter contre les écarts de rémunérations hommes-femmes à l’heure où les salaires féminins sont encore en moyenne 12,8% inférieurs à ceux de leurs homologues masculins, à poste et expérience équivalents.

Si dans l’Hexagone, le fait de demander à son collègue combien il gagne peut paraître maladroit voire impoli, le sujet est depuis toujours abordé de manière totalement décomplexée outre-Atlantique. La question des salaires laissant peu de place à l’indifférence, en faire un sujet tabou est souvent source de spéculations, de fantasmes, et donc de conflits. Instaurer la transparence permettrait ainsi de mettre fin aux bruits de couloirs et de supprimer une source de tensions en levant tout sentiment d’injustice. L’objectif ? Installer une meilleure ambiance au sein de l’entreprise.

In fine, le but n’est pas de payer tous les salariés de la même manière mais de demander à l’entreprise d’être capable de justifier les différences, afin de réduire les écarts les plus exorbitants.

 

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