Vie professionnelle : prendre de bonnes résolutions pour 2014

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73% des Français se disent heureux au travail, selon une enquête de l’institut Viavoice. À l’heure des bilans professionnels 2013, le tableau pourrait être un peu moins rose que ce sondage le laisse présager. Comment faire alors une mise au point objective et prendre de bonnes résolutions pour 2014?

Les fins d’année sont symboliquement prétexte à faire le point sur sa situation professionnelle. Ce ne serait pourtant pas le moment idéal pour se lancer dans une introspection poussée.

Pierre Denier

Pierre Denier

« Il vaut mieux avoir les idées les plus claires possibles et se donner les moyens de réfléchir sereinement », indique Pierre Denier. Or, avant, pendant et après les Fêtes, poursuit le coach en projets professionnels, « on est rarement disponible et généralement fatigué », le risque étant de prendre des décisions sur un coup de tête. À cela s’ajoute qu’il n’est pas toujours évident de répondre à la question : suis-je heureux au travail ?

Comme il n’est jamais simple de définir pourquoi si la réponse est non. « C’est délicat d’identifier la, ou les origines d’une insatisfaction, car les gens sont souvent en perte de sens », constate Monique Mattera, fondatrice du cabinet MCC.

Pour y voir clair, ajoute-t-elle, il est nécessaire de « se réapproprier ses moteurs et les richesses personnelles qui nous permettent de les faire tourner ».

Monique Mattera

Monique Mattera

Autrement dit, savoir ce qui nous stimule – l’argent, le titre, les challenges intellectuels, un centre d’intérêt, etc. – et quelles sont les compétences personnelles et professionnelles dont on dispose.

Quel que soit le diagnostic, « il ne faut surtout pas être fataliste et agir dès les premiers signes de frustration en commençant par prendre du recul pour en trouver la source. Les salariés ont beaucoup plus de marges de manœuvre qu’ils ne le croient », assure Sylvaine Pascual, spécialiste du plaisir au travail.

Elle distingue deux types d’insatisfactions : les mineures, qui relèvent de l’amélioration et peuvent être traitées au sein de l’entreprise, et les majeures, synonymes de mal-être sévère, qui nécessitent d’explorer d’autres pistes.

Travailler sur soi

En tout cas, « il ne faut pas croire que l’herbe est forcément plus verte ailleurs », prévient la coach. Elle prend l’exemple d’une personne ayant des problèmes avec son manager, qui veut se trouver un autre emploi parce qu’elle considère par exemple que son chef est un caractériel borné.

Sylvaine Pascual

Sylvaine Pascual

« Ce schéma relationnel peut néanmoins se reproduire ailleurs », signale Sylvaine Pascual, qui conseille en l’occurrence de plutôt chercher « des points d’amélioration », comme travailler sur sa confiance en soi ou apprendre à utiliser la communication non-violente, « un outil vraiment efficace pour la gestion des conflits ».

Idem pour la question de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, qui indispose de plus en plus de cadres joignables 24h/24 sur leurs smartphones. « On peut commencer par revoir ses méthodes de travail pour gagner du temps et finir sa journée plus tôt. On peut aussi se fixer des règles, comme ne pas répondre après 20h », indique la coach.

Quant aux options du télétravail ou de la semaine de quatre jours, « elles sont encore souvent perçues comme un problème. Il faut donc savoir comment les présenter », remarque Sylvaine Pascual qui recommande « d’arriver avec un projet plutôt qu’avec une demande, en ayant anticipé les réticences ».

Changer de voie

L’exercice du bilan/résolutions s’avère plus complexe pour les insatisfactions dites majeures, qui proviennent généralement d’un trop grand écart entre ce qu’on aimerait faire et ce que l’on fait au quotidien. Pour ne plus aller au travail à reculons, il n’y a pas 36 solutions : un changement de métier s’impose.

Avant de se lancer dans une reconversion, il faut « explorer les pistes d’évolution ou de changement de poste au sein de l’entreprise », suggère Pierre Denier. Une solution plus ou moins facile à mettre en œuvre selon ses propres compétences, la taille de la société ou encore les opportunités d’emploi qu’elle peut proposer.

Cette issue reste toutefois moins contraignante qu’une reconversion « totale » qui nécessite d’être capable de financer la période de transition, qui comprend souvent un temps de formation plus ou moins long puis celui de retrouver un nouvel emploi.

Si aucune option ne se présente à l’interne, le bilan de compétences constitue une étape incontournable, à moins d’avoir déjà une idée de réorientation bien précise et de savoir comment la concrétiser. Ce type de bilan, qui s’étale sur deux à trois mois, est utile pour « faire le point sur ce que l’on a dans ses bagages et ce qu’on peut en faire », explique Monique Mattera, l’objectif étant d’identifier des aptitudes et des compétences transversales « pour ensuite ouvrir de nouvelles portes ».

Solution ultime, « la reconversion peut paraître difficile. C’est un projet certes colossal, qui nécessite une vraie réflexion, mais qui reste réalisable lorsqu’on prépare bien la transition, notamment sur un plan financier », souligne Sylvaine Pascual qui a noté que

les reconversions coup de cœur marchent mieux que les reconversions raisonnables. »

 

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