Donner du sens au travail des collaborateurs : la clé de la réussite pour les entreprises ?

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Entre 2013 et 2014, le pourcentage de personnes de moins en moins motivées par leur travail est passé de 40 à 52 % d’après le 16ème baromètre de climat social publié par CEGOS. Un constat alarmant à l’heure où les collaborateurs sont en quête d’un travail et de missions qui les motivent.

Comment dès lors donner du sens aux missions des collaborateurs ?

Si la question du sens au travail a de tout temps été prégnante, celle-ci ne s’inscrivait auparavant pas comme une revendication affichée. Elle est désormais portée avec force par les collaborateurs et en particulier par les jeunes générations, qui aspirent à un travail et des missions qui les mobilisent.

D’après Simon Sinek, auteur de plusieurs livres sur le management et la motivation, pour réussir ce dessein, les grands leaders sont ceux qui arrivent à expliquer le quoi, le comment et le pourquoi de l’existence de l’entreprise afin d’inspirer.

Sacha Lopez

La plupart des entreprises expliquent le quoi, quelques-unes le comment, mais très peu le pourquoi. Or, c’est la force d’une entreprise comme Apple où chacun a l’impression de changer le monde au quotidien »

témoigne Sacha Lopez, cofondateur du Worklab, cabinet de conseil spécialisé dans les nouvelles façons de travailler.

Donner du sens, une problématique devenue incontournable ?

Historiquement, la gestion du personnel a d’abord fait de l’homme une ressource comme les autres. A partir des années 90, la gestion des ressources humaines est apparue. L’entreprise entreprend alors de mettre en place une organisation qui capitalise sur les ressources individuelles et leurs spécificités. Un concept qui a encore évolué et continue de s’adapter.

Karim Benameur

Comme le précise Karim Benameur, professeur à la Grenoble Ecole de Management et spécialisé dans le management de la performance par le sens :

Un autre modèle est en train d’investir la GRH des entreprises, celui de la marque employeur. L’homme a des ressources et l’entreprise doit faire en sorte que ce dernier trouve du sens par lui-même pour les mobiliser spontanément ».

Des prérogatives à la portée des managers et des dirigeants

La faculté à entraîner l’individu contemporain à s’auto-mobiliser passe par des prérogatives à la portée des managers et des dirigeants. Mais ceux-ci doivent s’adapter aux différents types de profils et connaître les moteurs qui les aideront à accomplir leurs tâches : challenge intellectuel, marge de créativité, relation entre collègues…

Philippe Rodet

Pour Philippe Rodet, membre fondateur de la commission stress de l’ANDRH et fondateur de Bien-Être & Entreprise :

Savoir à quoi servir, dans quel but être utile et quel sens donner à ses actions peut aussi passer par la confiance qui est accordée, l’autonomie dans les tâches tout comme des challenges ambitieux mais réalistes… ».

Remettre l’homme au centre des échanges et l’intégrer à la décision

Outre l’empowerment à savoir, la capacité à donner plus de responsabilités et de pouvoir aux acteurs de l’entreprise, transformer la façon de travailler pour donner du sens au travail et motiver les collaborateurs passe aussi de plus en plus par la co-construction comme levier d’engagement. En effet, une idée qui n’emporte pas l’adhésion, aussi géniale soit-elle, n’aura aucune voire très peu d’efficacité.

L’efficacité d’une idée est égale à sa qualité multipliée par l’adhésion qu’elle emporte. Un collaborateur qui devra faire seul une mission décidée ailleurs verra rapidement les défauts de celle-ci. La tendance s’inverse s’il a été intégré dès le départ », assure Sasha Lopez.

Le sens n’est pas une finalité en soi, c’est un outil de performance

Ne pas savoir pourquoi se lever le matin entraîne pour certains la perte de repères et provoque l’ennui. C’est ainsi que l’on parle aujourd’hui de Bored Out par opposition au Burn Out. Pour d’autres, il pourra s’agir d’un manque d’investissement. Mais dans un cas comme dans l’autre, chaque situation reste synonyme de perte de performance pour l’entreprise.

Connaître le sens de son action revient à être moins stressé, plusieurs études confirme cette direction. A l’inverse, le fait de ne pas savoir à quoi servir renforce l’ennui car la personne effectue alors des tâches de façon répétitive », selon Philippe Rodet.

Enfin, gageons que le sens est une construction à double sens. Il y a d’abord le sens commun permettant de disposer du même référentiel et dont la direction doit en être à l’initiative.

Puis il y a le sens individuel propre au collaborateur, note Karim Benameur. Car chacun est aussi propriétaire du sens donné à un emploi et doit être en mesure de savoir ce qui le motive dans la vie. »

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