Les entreprises peuvent-elles avoir recours au Growth Hacking pour créer de la valeur ?

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Rentrées financières, amélioration du bien-être des employés, innovation… Le Growth Hacking ou l’art de générer une croissance dans un domaine avec un minimum de ressources peut-il devenir un objectif pour les entreprises classiques ? Quels dispositifs mettre en place pour innover et ce, à moindre coût ? Enfin, comment impliquer ses collaborateurs face à un modèle souvent assimilé au fonctionnement des start-up ?

Mohamed Achahbar

« Recherche petits leviers activables à faibles coûts pour forte croissance ». Voici ce que pourrait être le slogan du Growth Hacking, concept inventé au début de la décennie par Sean Ellis, entrepreneur américain du web.

Le Growth Hacking recoupe les termes de Hacking à savoir, le détournement (littéralement le piratage) de techniques, dans le but de générer une croissance forte (Growth) avec un minimum de ressources humaines, de temps et d’argent »

précise Mohamed Achahbar, Product Manager chez Link Humans.

Le Growth Hacking : un état d’esprit avant tout

Une pratique initiée au départ par les start-up à la croisée du marketing digital, du développement web et d’une mentalité qui consiste à penser « out of the box ». Il existe des exemples de techniques de Hacks à l’instar de LinkedIn qui a su démultiplier soudainement sa base clients en permettant aux profils d’apparaître sur Google, ou encore Hotmail en inscrivant en bas de mails « PS I Love You. Get Your Free Email at Hotmail », une simple petite phrase qui l’a propulsé.

Rudy Viard

Pour Rudy Viard, consultant B2B et fondateur du site Webmarketing Conseil, si le Growth Hacking a mis un mot sur un ensemble de techniques existantes :

Attention, on parle désormais de Growth Hacking dès qu’une campagne est inventive. Or, c’est avant tout un état d’esprit, une méthodologie, permettant d’identifier les leviers sur lesquels focaliser ses efforts en priorité pour créer une offre qui rencontre son marché et poser les bases d’un développement planifié et rationnel. Les « Growth Hacks » sont quant à eux l’arme du faible au fort : la tactique qui peut permettre éventuellement d’émerger plus rapidement ».

Le degré de risque varie selon le profil de l’entreprise

Si le Growth Hacking est indissociable du marketing, celui-ci s’applique à de nombreux domaines à l’instar des ressources humaines. Concrètement, c’est à l’intérieur de ce tunnel qu’il convient de déterminer le(s) levier(s) à activer pour obtenir rapidement des résultats. Si la croissance est un enjeu pour toute entreprise, à l’inverse des start-up, les plus grandes structures n’ont pas les mêmes moyens pour y arriver face à la lourdeur de leurs process.

Autre problématique récurrente : la prise de risque relative à l’innovation et à l’image de marque à préserver.

Beaucoup d’entreprises gagneraient à adopter l’état d’esprit et les méthodes issues du Growth Hacking. En revanche, le degré de risque à prendre pour atteindre vos objectifs dépend du profil de votre entreprise. Là où une start-up peut tenter des stratégies agressives, une marque installée doit nécessairement mettre dans la balance le risque d’abîmer son image »

constate ainsi Rudy Viard.

L’intrapreneuriat, relais du Growth Hacking pour les plus grands groupes ?

Appliqué aux collaborateurs, le Growth Hacking recouvre plusieurs enjeux : accroître leur bien-être, leur offrir les moyens d’innover et par voie de conséquence, faire profiter la structure de ces améliorations. Un concept malgré tout difficilement transposable aux plus grands groupes. L’une des réponses s’appelle peut-être l’intrapreneuriat. S’il ne s’inscrit pas dans ce qu’est le Growth Hacking à proprement parler, cette aspiration a le mérite de laisser l’initiative à des collaborateurs de développer de nouveaux processus, activités ou actions par rapport à un produit. Outre les retombées économiques potentielles, l’intrapreneuriat agit sur l’un des fondamentaux du tunnel marketing : la rétention des collaborateurs satisfaits de cette indépendance. A l’instar d’entreprises comme La Poste qui a lancé un concours de projets innovants pour ses équipes ou Allianz France avec son Innovathon annuel qui mobilise 5000 salariés pendant 6 mois pour contribuer au développement de start-up, elles sont plusieurs à avoir embrassé cette direction.

Et demain ?

Favoriser l’essor de bonnes idées et faire naître des stratégies de croissance autour de l’expérience client/utilisateur nécessite entre autres de s’appuyer sur les outils du numérique et d’afficher une plus grande souplesse organisationnelle. Il s’agit plus d’une évolution qu’un véritable bouleversement.
Mais pour cela, « encore faut-il que la culture d’entreprise permette ce genre d’initiatives », conclut Mohamed Achahbar.

 

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