La face cachée du manager

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La face cachée du manager

Figure d’autorité au travail par excellence, le manager est associé aux notions de leadership et de pouvoir. On s’imagine aisément qu’un manager consacre le plus clair de ses journées à la gestion d’équipes et de projets, concentré sur les objectifs et les résultats. Or ce n’est que la partie émergée du management : une multitude d’autres tâches et compétences plus « souterraines » sont nécessaires au bon fonctionnement d’une équipe de travail.

Petit aperçu des aspects cachés (mais indispensables) du rôle de manager.

Le rôle administratif

Dimension inhérente à presque tout métier, les tâches administratives occupent dans le quotidien managérial une place trop souvent sous-estimée. De la maîtrise des outils informatiques à la planification des ressources de l’entreprise, une véritable panoplie de compétences administratives est nécessaire à la bonne marche d’une organisation. Et les managers ont tout intérêt à développer ces multiples facettes, alliées bien entendu à d’excellentes aptitudes à la communication orale et écrite (oui, la rédaction de messages –impeccables- fait partie intégrante de la fonction !).

En outre, la gestion des budgets, congés, absences ou encore RTT constitue également une activité chronophage mais impossible à éviter. Toutefois, s’y consacrer à l’excès peut entraîner un mal-être au travail, aussi bien du point de vue des cadres que de celui des employés. Ainsi, rapporte Francis Boyer d’Innovation Managériale, les managers français estiment consacrer environ 30 % de leur temps à des tâches d’organisation et de gestion bureaucratique. Au détriment souvent de leur épanouissement et de leur efficacité.

Le rôle politique

Principaux liens entre les services RH et les membres de l’équipe, les managers sont également dotés d’un rôle que l’on peut qualifier de politique. A la manière d’un chef d’Etat ou d’un diplomate, ils doivent en effet s’assurer que les échanges se déroulent sans anicroche à divers niveaux de l’entreprise, encourager les bonnes relations entre différents départements et services, et gérer les éventuelles crises.

Comme tout bon dirigeant,

le manager a d’abord un rôle social. Il a donc tout intérêt à développer une capacité à fédérer ses collaborateurs en les orientant tous dans une direction commune et partagée. » souligne l’équipe de Manager GO!

La solitude du chef

Manager une équipe implique de nombreuses responsabilités dont le poids peut être éprouvant, aussi bien professionnellement que psychologiquement. De plus, le rôle de décideur s’accompagne d’une forme de solitude parfois difficile à vivre.

Un des problèmes principaux auxquels se trouve confronté le dirigeant d’entreprise, et particulièrement celui de PME, est celui de sa solitude face à des décisions stratégiques à prendre »

observe Sophie Lhameen pour Cadre et Dirigeant Magazine (« Comment vaincre la solitude du dirigeant »).

Un manager efficace doit donc apprivoiser l’idée de ne pas se faire que des amis. Un travail sur soi peut être requis afin d’acquérir la maturité et le détachement nécessaires pour supporter l’isolement lié à certaines prises de décisions.

La nécessité du lâcher prise

Autre capacité « cachée », et pas des moindres, attendue d’un manager : le lâcher prise. Un bon manager doit en effet aussi savoir quand… arrêter de manager. En particulier pour éviter l’excès de zèle et le tant redouté (et contre-productif) micro-management. S’assurer de l’adhésion des membres de son équipe, oui, être tout le temps sur leur dos, non.

Une limite qui n’est pas toujours aisée à reconnaître et qui demande de développer son intelligence émotionnelle, une compétence de plus en plus prisée d’après Le Manager.

Et puis, en toute logique, un management réussi se reconnaît à l’autonomie des collaborateurs, non ? D’où l’importance pour un manager de savoir où son rôle s’arrête et où commence celui de son équipe.

Le véritable leader est celui qui sait faire grandir ses collaborateurs », explique Marianne Robert de Massy dans un article pour le Harvard Business Review (« Pour manager sans stress, apprenez à déléguer »).

Or, pour cela, il faut leur confier des responsabilités, parfois même en dehors de leur périmètre direct. Autrement dit, il faut savoir déléguer. »

Déléguer, la solution pour échapper aux tâches ingrates reste une option pour les cadres débordés. Mais attention toutefois à ne pas en abuser. En effet, pour un manager, le respect de ses collaborateurs se gagne notamment par la connaissance irréprochable des dossiers et sa propension à mettre la main à la pâte, y compris pour les tâches jugées ingrates.

Votre implication concrète dans les travaux de votre équipe sera appréciée par celle-ci. Autant cette dernière admet que votre activité principale ne doit pas consister à faire à sa place ce pour quoi elle est missionnée, autant votre participation, de temps à autre, lui démontrera votre proximité et votre sens de la solidarité » rappelle Christina Gierse de Studyrama Pro.

Vous souhaitez approfondir ce sujet ?

  Notre débat du mois est justement consacré à l’expertise attendue des managers :

« Le Manager doit-il être expert, savoir faire ce que fait ses équipes ? ».

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