Ressources humaines, les priorités des entreprises en 2012

Expectra a sondé les entreprises françaises pour identifier quelles sont les tendances de l’année 2012 en matière de ressources humaines.

Selon cette étude, les dirigeants et décideurs RH vont privilégier le développement des compétences de leurs collaborateurs. Et quand ils recruteront, ils utiliseront de plus en plus souvent les réseaux sociaux.

jeanbaptiste-bruneauDans un contexte de « guerre des talents », 2012 sera l’année de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences – la GPEC – et du recrutement via les réseaux sociaux, selon l’étude Expectra réalisée avec TNS Sofres. «Les entreprises vont d’abord se concentrer sur l’existant. Cela ne veut pas dire qu’elles ne vont pas recruter, au contraire. Mais elles vont chercher à recruter à bon escient», résume le responsable marketing d’Expectra, Jean-Baptiste Bruneau.

Malgré la crise, les entrepreneurs français gardent globalement le moral. 39 % des 1 459 dirigeants sondés envisagent même de recruter, notamment les sociétés de conseil et d’assistance (51 %) et les entreprises de services (44 %). Mais avant d’embaucher, les décideurs RH comptent donner la priorité à la formation des salariés, à l’optimisation de l’organisation du travail ainsi qu’à la fidélisation des collaborateurs.

La « désertification » des compétences, raison n°1 du recrutement

La décision de recruter sera prise ensuite, si et seulement si le turn-over, la diversification de l’activité, ou son accroissement, nécessitent de nouvelles compétences. Dans un climat d’incertitude économique, les entreprises veulent embaucher raisonnablement. Jean-Baptiste Bruneau apporte toutefois un bémol, soulignant que « cette tendance concerne moins les PME, qui n’ont ni le temps, ni les moyens de mettre en place une GPEC ».

Parmi les compétences dont les entreprises seront friandes, on retrouve le commercial, domaine caractérisé par un « fort turn-over structurel, qui reste le nerf de la guerre », indique le manager d’Expectra. L’ingénierie et les procédés industriels ont aussi la cote, car « les entreprises ont malgré tout besoin de développer, de réorganiser ou d’optimiser leur production ». Enfin, l’informatique reste un secteur où la demande est soutenue et l’offre plus ou moins en pénurie.

Les réseaux sociaux, outils des recruteurs

Pour dénicher les bons profils, les réseaux sociaux professionnels font désormais partie intégrante du processus : plus d’un recruteur sur deux (51 %) admet y recourir. « Ils s’en servent pour la recherche et la chasse des candidats, mais aussi après l’entretien d’embauche, pour vérifier les infos du CV ou un point évoqué durant le rendez-vous », observe Jean-Baptiste Bruneau.

Le responsable marketing d’Expectra conseille donc aux candidats d’être présents sur la Toile, d’y être actifs et réactifs en se tenant au courant de ce qui se dit sur eux. «Aujourd’hui, ils ne peuvent vraiment plus faire l’économie de cette présence », insiste-t-il, recommandant la transparence et suggérant de solliciter des références auprès de collègues, de supérieurs ou de clients. «Cela donne de la crédibilité au profil», indique-t-il.

Il ne faut pas pour autant fonder tous ses espoirs sur Internet. Afin de trouver leurs futurs employés, les entreprises continuent de privilégier l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), le Pôle emploi (56 %) ou le bouche-à-oreille (47 %). Elles recourent également aux sites Internet de recrutement (45 %) et aux réseaux d’anciens des grandes écoles (22 %).

Les critères de choix évoluent…

Parmi les critères de sélection, le diplôme perd un peu de sa superbe. Si 62 % des DRH l’estiment important, ils ne sont plus que 19 % à le juger prioritaire. Viennent ensuite les compétences spécifiques au poste (66 %) et l’expérience (61 %).
Fait notable, la maîtrise des langues étrangères devient cruciale. « Ce n’est plus seulement un plus, c’est incontournable. Il faut au moins être à l’aise en anglais », observe Jean-Baptiste Bruneau. « A compétences égales, la différence se fera sur les langues. »

Ces éléments, qui doivent figurer en bonne place sur un CV, sont nécessaires, mais pas suffisants. Les postulants doivent surtout se servir de leur lettre de motivation, puis de l’éventuel entretien d’embauche, pour démontrer leur aptitude à tenir le rôle auquel ils prétendent. « Il faut aider le recruteur à se projeter sur ce que l’on peut apporter », recommande le responsable marketing d’Expectra. « Les candidats doivent dire ce qu’ils sont capables d’accomplir tout en exprimant leur capacité à évoluer », ajoute-t-il en expliquant que c’est le moyen de se différencier et de rassurer son interlocuteur.

… mais les habitudes persistent

Un vieux réflexe perdure malgré tout. « Il existe en quelque sorte un recrutement à la française qui privilégie le mimétisme », constate le manager d’Expectra. « Les recruteurs cherchent le plus souvent un clone du collaborateur qui occupait le poste auparavant ». 46 % d’entre eux l’avouent spontanément, alors que cette habitude explique en partie les difficultés de recrutement régulièrement formulées par les entreprises.

Geoffrey Dirat

Recrutement, Réseaux sociaux

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