Cossarde ? Work addict qui s’ignore !

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Je suis née avec un baobab dans la main. C’est le refrain entendu durant toute mon enfance et mon adolescence. Fainéantise, tel était mon destin ! Ma scolarité fut un pensum, je travaillais juste assez pour ne pas qu’elle s’éternise, puis quittais rapidement les bancs abhorrés, le contrat moral rempli à minima.

Par Agnès Boucher

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Pourquoi détester l’école ? Parce que je m’y morfondais ! Certains s’ennuient et bossent comme des damnés : être le premier en classe fonde leur identité. La mienne se construit sans besoin de reconnaissance ni de gloire. Je ne dois qu’à moi ce que je suis. Et surtout pas à l’enseignement académique de l’Éducation Nationale !

Salariée en cabinet de chasse de têtes

Là encore, que de stratégies pour produire le minimum syndical, si le travail demandé est ennuyeux et administratif ! En revanche, parlez à mon imaginaire, ma curiosité, ma créativité et le temps disparaît ! Donnez-moi des missions quasi impossibles, avec des apprentissages multiples à la clé et je ne compte plus mes heures ! Permettez-moi de rencontrer des humanoïdes variés malgré l’uniformisation de leurs modes de pensée ingurgités dans nos grandes écoles, puis de les évaluer pour dénicher l’inestimable potentiel ! La reine de la flemme se transforme en hyperactive sans jamais avoir la sensation de… travailler !

Devenir maître de son destin !

Voilà ce qu’autorise l’indépendance, comme Sissi, dans un autre genre ! Enfin le PLAISIR, celui que peu d’entre nous rencontrent vraiment dans leur carrière, advient. Le BIEN-ÊTRE vous donne des ailes. Vous vous levez le matin avec enthousiasme, vous vous branchez sur votre Mac pendant que le café se prépare, jetez un œil embrumé, mais vite aiguisé sur vos mails, voire les réseaux sociaux, au risque de twitter sans avoir avalé votre muesli bio quotidien ! La félicité de reprendre la tâche interrompue la veille, la corriger ou la recommencer souvent, mais différemment, toujours !

Adaptabilité, créativité et curiosité, les trois mamelles du work-addict !

Durant deux ans, j’ai vécu en Angleterre une quinzaine sur deux. Quand j’étais en France, pas de souci ! J’accomplissais avec gourmandise en deux semaines ce que je faisais avant sur le mois. Mais outre-Manche ? Panique à bord ! Que faire perdue aux fins fonds de la campagne ? Oxford est un joli « port de pêche », ma maîtrise de l’Anglais ne m’autorisait pas à travailler. Je pouvais certes passer mon temps à lire, mais bon ! Vite, je mis en place une stratégie pour revenir dans le mouvement indispensable à ma vie. L’écriture comme objectif ! Les journées filaient sans que je m’en aperçoive, au point que le soir venu, quand le cher et tendre rentrait du bureau, l’œil déconcerté de me découvrir en plein labeur, je m’étonnais de mon côté qu’il soit DÉJÀ là… Je n’avais pas vu le temps s’écouler !

Je me découvre « workaholic ». La pauvre, pensez-vous, elle nous raconte cela parce qu’elle est à la limite du burn-out… Que nenni ! Je vous parle de PLAISIR ! Là où vous imaginez surchauffe et dépendance, je ne ressens qu’épanouissement et créativité. Je m’investis à fond sans stress ni fatigue puisque je me DISTRAIS. Même mes insomnies se transforment en brainstorming pour faire avancer mes polars, puis retrouver ce bon vieux Morphée.

Bien sûr, tout n’est pas toujours rose ! Je ne vis pas dans le monde de Disney. Il y a souvent des galères et des échecs, mais aussi le contentement d’œuvrer, agir pour trouver des solutions.

Quand le week-end, ma moitié m’emmène me balader, il m’arrive de faire une pause pour écrire les pensées qui courent dans ma tête. Les soirées entre amis, les repas familiaux ? Autant de prétextes à dialogues et situations romanesques ! Mon excellente mémoire me sert de CD-ROM et vive les WC pour m’enfermer au calme, graver la bonne idée à exploiter dès que possible.

Jusqu’aux vacances…

Je les adore, on va dire, les trois premiers jours ! Après, je me lasse. Cela dit, j’emporte souvent de quoi travailler, par envie ! Le mouvement est mon moteur, qu’il soit apparent ou intérieur, car même lorsque je « bulle », en fait je « turbine » ! En somme, la dingue parfaite ! La maso absolue !

Quand j’entends des proches évoquer leur future retraite, je deviens anthropologue perplexe. Toute cette inactivité à venir les réjouit tellement ! La mienne m’apparaît comme un enterrement. Au point que, si le travail se donnait en perfusion, je crois que je demanderais une ordonnance à mon toubib, même si le traitement n’est pas remboursé par la sécu !

Le coup de cœur d’Agnès Boucher
« Le management libéré », Marc Dorel.

Agnès Boucher

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Agnès Boucher

Agnès Boucher est Coach en Développement des Ressources Humaines. Après un solide parcours chez les chasseurs de têtes, elle décide de changer son fusil d’épaules. Elle crée son cabinet, TRAJEXIA, spécialisé dans l’accompagnement des salariés en reconversion ou évolution professionnelle. Aujourd’hui, Parisienne mutée en néo-Bretonne, elle se met au service des TPE, Start-up et PME pour les guider dans le développement de leurs équipes et modèle managérial, en adepte inconditionnel du sur-mesure.

Parce que l’écriture la titille depuis l’adolescence, elle s’est autorisée à commettre quelques docu-fictions pour France Inter. Féministe (et féminine ;-)), enfant illégitime de Simone de Beauvoir et d’Élisabeth Badinter, elle publie en 2012 aux Éditions L’Harmattan un essai sur trois compositrices empêchées d’advenir par le génie des hommes, « Comment exister aux côtés d’un génie ».

Puis elle succombe à la tentation du meurtre avec trois polars dont le dernier, « Cul-de-sac » s’inspire de son expérience dans la chasse de têtes et vient de paraître aux Éditions Hélène Jacob, petite maison toulousaine dynamique, associative et collaborative, qui croit aux vertus du numérique.

LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/agn%C3%A8s-boucher-0a72238/fr
Twitter : https://twitter.com/agnesboucher?lang=fr
Blog : https://agnesboucher.com/

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