L’impact du confinement sur l’équilibre vie pro/vie perso

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Maintenir l’équilibre entre travail et vie privée est déjà complexe en temps normal. En pleine crise sanitaire liée au COVID-19, cela peut s’avérer encore plus compliqué. Comment le confinement fragilise-t-il l’organisation vie pro / vie personnelle ? Et comment faire face ? Trois travailleurs confinés partagent leur expérience.

Télétravail = travail en plus ?

Confinement + télétravail n’égalent pas se la couler douce en pyjama, loin s’en faut.
« La crise fait en sorte que certaines personnes travaillent beaucoup plus, et pas seulement les professionnels de santé », observe Daniel, 38 ans, assistant de recherche, qui a vu ses heures augmenter. « Les employeurs pensent que nous avons moins à faire en ce moment : moins d’activités sociales, certains projets sont au ralenti, etc. Alors ils finissent par demander plus. »

D’autres peuvent aussi se sentir obligés de redoubler d’efforts, à l’instar d’Eléonore, 35 ans, professeure de yoga indépendante : « J’ai peur que les entreprises m’oublient. Ainsi, j’en fais plus que d’habitude pour être très présente, faire passer mes cours en ligne. Les élèves pratiquent plus que quand ils ont cours ! »

La transformation/digitalisation obligatoire des activités crée aussi un surcroît de travail.
« Je n’ai pas l’habitude de travailler en ligne alors tout est beaucoup plus long, ça m’a pris du temps pour comprendre et trouver les bons outils », ajoute la jeune femme.

Que faire ?

Adapter sa charge de travail à ses propres besoins, en se respectant et en s’écoutant. « Il faut aller vite, être réactif et présent si on ne veut pas être oublié », estime Eléonore.
Mais si le surplus de travail découle davantage d’un malentendu avec votre employeur, n’hésitez pas à poser vos limites : en situation de confinement, votre équilibre est encore plus précieuse qu’à l’accoutumée.
En outre, cela peut créer une dynamique malsaine qui sera difficile à ré-équilibrer par la suite. « J’ai beaucoup de craintes par rapport à la situation que nous sommes en train de créer », s’inquiète Daniel : « être productif malgré tout, en faire plus avec moins. »

La gestion du temps

Avec le confinement, le télétravail peut s’ajouter à celui du conjoint, à l’école à distance des enfants, aux sorties de ravitaillement à planifier… autant de variables exceptionnelles qui rendent poreuse la frontière entre temps de travail et temps « off ».
« Je suis confinée à la campagne avec mon fils qui demande constamment de l’animation », explique Eléonore. « J’essaie de me partager entre les deux mais aucune coupure possible entre le temps de boulot et la vie privée : tout est toujours intercalé, imbriqué. »

« Il y a aussi cette idée qu’on doit être disponible à tout moment de la journée », constate Daniel. « On me demande aussi d’en demander plus à mes collaborateurs, avec cette idée qu’ils n’ont rien d’autre à faire en ce moment, alors qu’eux aussi doivent gérer leurs enfants, etc. »

Que faire ?

Dans la mesure du possible, planifier ses journées comme si l’on sortait travailler. Réserver un temps et un espace pour chaque activité et/ou chaque personne.
Alice, 33 ans, growth hacker et confinée avec son conjoint, souligne : « Le fait d’avoir des ordinateurs et bureaux séparés nous aide beaucoup ! »
« C’est facile de tout mélanger parfois », admet Daniel, mais « il faut vraiment maintenir un espace de temps et un espace physique dédié à chaque chose. Travailler 8 heures par jour et pas plus, et prévoir des pauses pour s’aérer l’esprit. »

La gestion des émotions

L’organisation en temps de confinement a une incidence sur le plan émotionnel. Que l’on soit seul, à deux ou en famille, que la crise nous angoisse profondément ou nous agace… Autant de situations et d’affects qui jouent sur le moral et doivent être pris en compte dans l’organisation du télétravail. « Je trouve difficile à gérer ce décalage entre la crise globale et le fait de devoir continuer à travailler comme si de rien n’était », confie Daniel. « Aussi, habitant avec un partenaire qui a perdu son emploi et qui perçoit le monde comme au ralenti, cela crée des frictions. »

Alice a dû elle aussi composer avec le rythme différent de son partenaire. « Nous avons deux façons de faire diamétralement opposée : moi je continue à avoir une routine proche de celle du travail, mon concubin profite de son temps libre pour beaucoup jouer. Nos rythmes respectifs sont aussi désynchronisés : je me lève et me couche beaucoup plus tôt que d’habitude ; lui, beaucoup plus tard. »

Que faire ?

Communiquer avec la ou les personnes co-confinées afin d’établir une organisation qui convient à tous. Respecter autant que possible le rythme et l’espace de chacun. Et redoubler de patience !
« Passé la première semaine où c’était un peu difficile, on commence à prendre nos marques à la maison », constate Alice. « On a fait un deal en début de confinement : on fait très attention à être patient et à ne pas démarrer de dispute. Ça nous pousse à mieux communiquer… »

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