Comment lutter contre le favoritisme en entreprise ?

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Bons sentiments et lien hiérarchique ne font pas toujours bon ménage ! S’il est dans la nature humaine d’avoir plus d’affinités et sympathies envers certaines personnes, un manager se doit pourtant de faire preuve de neutralité et d’équité dans le traitement de son équipe. Comment adopter la juste posture et se prémunir de toute accusation de favoritisme ? Focus.

Qu’est-ce que le favoritisme ?

Retards à répétition passés sous silence, augmentation injustifiée, bureau plus grand, pause à rallonge… Il arrive parfois que les membres d’une même équipe ne soient pas tous logés à la même enseigne. Et si certaines décisions peuvent, en tant que manager, paraître anodines, elles risquent pourtant d’avoir de fâcheuses répercussions sur l’ambiance de travail et la productivité de l’équipe en instaurant insidieusement un climat de jalousie. Mettez donc au placard vos affinités professionnelles ou personnelles avant toutes prises de décisions et privilégiez la règle de l’égalité pour tous ! Le sentiment d’injustice est en effet reconnu comme l’une des premières sources de démotivation au travail.

Ce que dit la loi ?

Le favoritisme au travail se traduit par une inégalité de traitement entre salariés, par exemple dans le cadre des salaires ou de promotions à un nouveau poste. Toute entreprise qui ne prend pas en compte uniquement des éléments liés au travail dans ses décisions vis-à-vis de ses collaborateurs s’expose à des sanctions. Ainsi, selon l’arrêt n°92-43680 de la Cour de Cassation du 29 octobre 1996 un principe d’équité oblige tout employeur à assurer la même rémunération aux collaborateurs qui effectuent un même travail ou un travail de valeur égale dans l’entreprise. L’arrêt n°06-46000 de la Cour de Cassation du 10 juin 2008 requiert, quant à lui, une égalité de traitement entre collaborateur, permettant ainsi de s’interroger sur les raisons qui autorisent à attribuer un avantage à une catégorie particulière de salariés et à la refuser à d’autres.

Quels sont les risques ?

En induisant un sentiment d’injustice, le premier écueil du favoritisme est le plus souvent de dégénérer en conflit. Qu’il s’agisse de salaire, de promotion, de conditions de travail ou même de niveau d’exigences sur le travail fourni, toute décision prise par le manager doit pouvoir être justifiée. Si tel n’est pas le cas, il risque de se voir accuser de favoritisme, voire pire de discrimination. Ainsi, selon la loi (article L1132-1 du Code du Travail), aucun salarié ne peut être discriminé au travail en matière d’embauche, de formation, de salaire… Et dans ce cadre, les motifs d’accusation de discrimination sont nombreux : racisme, sexisme, homophobie, âge, état de santé, opinions politiques ou même syndicales. Pour contourner cet écueil et ne laisser aucun doute sur tout forme de copinage déplacée, il est donc préférable de clarifier en amont la manière dont l’ensemble des décisions sont prises et surtout de démontrer qu’elles sont les mêmes pour tout le monde.

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