Réseaux sociaux professionnels : un canal dédié aux cadres ?

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C’est un fait : les réseaux sociaux professionnels les plus connus actuellement sont des espaces peuplés en majorité de cadres. Cela dit, leur développement et leur diversification ont ou vont peut-être changer la donne.

Y’a-t-il une place pour d’autres profils sur Viadeo et LinkedIn et compagnie ?
Les réseaux sociaux permettent-ils enfin de faire valoir des parcours pas comme les autres ?

Deux experts partagent leur point de vue.

OUI. Un vivier de cadres pour les recruteurs

Thierry Delorme

Thierry Delorme

Les réseaux sociaux professionnels sont quasi exclusivement occupés par les cadres.

La première raison est presque mathématique, explique Thierry Delorme, directeur associé de l’agence ORC Communications :

« Un quart de la population française n’est pas connectée, et parmi les trois autres quarts, la présence sur les réseaux professionnels est comparable à un petit entonnoir. »

Les profils présents sur LinkedIn ou Viadeo relèvent en grande partie d’une typologie sociale, celle des cadres.

« Même parmi ces cadres, quelques secteurs sont sur-représentés, ajoute Thierry Delorme, comme l’informatique, le marketing, les RH… »

Deuxième raison : les RSP sont avant tout « un moyen de s’adresser à des profils spécialisés, souvent déjà en poste. »

Plutôt qu’un terrain de recrutement, ils sont un terrain de chasse :
« Les recrutements sur réseaux sociaux ne représentent que 5 à 10 % du volume d’embauche. Si un recruteur doit aller sur ce terrain, c’est presque toujours pour des postes qualifiés, cadres et managers. »

Quid des autres profils et des parcours non-conventionnels ?

Thierry Delorme constate :

Recruter différemment était l’une des grandes attentes à l’égard des réseaux sociaux, mais la promesse n’a pas été tenue. »

Ces outils constituent bien un nouveau terrain, mais pas une nouvelle approche du recrutement :
« Comme toujours, les habitudes changent moins vite que la technologie », résume le directeur associé de l’agence ORC Communications.

Et c’est bien de la machine que pourrait venir le changement dans les modes de sélection, imagine Thierry Delorme :

Les profils présents sur les réseaux sont bien plus complexes qu’un CV. C’est à partir de ce big data, dans la manière de choisir les informations pour cibler des candidats, que de nouveaux réflexes de recrutement chasseront les anciens. »

NON. Tous les profils doivent profiter du 2.0

Sophie Lebel

Sophie Lebel

LinkedIn et Viadeo ne sont pas les seuls réseaux professionnels scrutés par les recruteurs. Et certains de ces sites s’ouvrent clairement à d’autres publics que les cadres.

De Muxi, organisé par branches d’activité, à Bitwiin consacré aux seniors, en passant par Worketer pour l’informatique ou Rezotour pour les professionnels du tourisme et de la culture, le 2.0 s’adresse désormais à toutes les niches.

C’est le cas de Wizbii, créé en 2011. Sa cible : les jeunes.

« Les profils que nous accueillons sur notre site ont généralement entre 18 et 30 ans, explique Sophie Lebel, sa responsable communication. Beaucoup sont encore étudiants, dans des écoles et universités de tous les domaines, et recherchent un stage, un premier emploi ou une alternance. »

CAP, BEP, Bac à Bac +8 ainsi que de jeunes entrepreneurs sont présents sur le site. Un large panel, réuni non par le statut, mais par l’âge.

Les principaux réseaux professionnels accueillant presque uniquement des cadres, et souvent déjà en poste, ils laissent les autres profils en reste, « qui ont pourtant de belles opportunités à saisir en étant présents sur le Web, appuie Sophie LebelIl est important pour tout le monde d’entretenir un réseau de contacts, de soigner sa e-reputation, ou simplement d’être présent dans les moteurs de recherche quand un recruteur tape notre nom. »

Les RSP permettent, entre autres, de valoriser des aspects qui ne trouveraient pas de place sur un CV. En témoigne Behance, sorte de Pinterest réservé aux créatifs de tous secteurs, qui peuvent y construire un véritable portfolio, bien plus évocateur qu’un CV.

Dans le cas spécifique des jeunes : « les points à mettre en valeur ne sont pas uniquement liés à l’expérience, puisqu’ils en ont peu, mais davantage à l’extra-professionnel, à leurs souhaits, à leur personnalité », analyse la responsable communication de Wizbii.

Se dévoiler devenant un moyen de se démarquer, ce nouveau canal permet un vrai changement dans le sourcing des entreprises.

Les recruteurs sont de plus en plus à la recherche de personnalités et attentifs aux soft skills des candidats. Leur choix se fait sur la base de nombreuses informations. »

Tout le monde profite, pour finir, du processus de cooptation. « Un ami recommandant un autre ami pour un poste est toujours un bel atout pour le candidat, et un gage de confiance pour le recruteur. »

Ecouter l’avis des autres ?
Un réflexe vieux comme le monde, qui connaît avec le 2.0 une petite renaissance.

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