Le salaire des cadres en 2019 : décryptage du baromètre Expectra

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Le salaire des cadres est en hausse ! Malgré un paradoxe économique (croissance en baisse et recul du chômage), les entreprises se portent à merveille. Conséquence : les rémunérations des cadres ont progressé en moyenne de 2,4 % en 2019.

Le point avec la 17ème édition du Baromètre des salaires des cadres par Expectra.

Les tendances générales

En 2019, les entreprises françaises ont encore offert à leurs cadres de « belles revalorisations salariales », constate Christophe Bougeard, Directeur général d’Expectra. Une augmentation certes moindre qu’en 2018 (+ 2,7 %) mais qui est tout de même la deuxième plus forte hausse depuis 2011, et s’inscrit dans une évolution globale de + 10,1 % sur les 5 dernières années.

« Nous restons sur une tendance très favorable dans un contexte où les entreprises créent des emplois. Elles continuent également à investir, signe de confiance en l’avenir. Il n’est donc pas anormal que la hausse des salaires soit du même ordre de grandeur que l’année passée », analyse Christophe Bougeard.

Autre tendance générale observée par le baromètre ? L’individualisation des salaires, 63 % des entreprises ayant aujourd’hui recours à l’augmentation individuelle pour les cadres.

Les évolutions par secteur

D’après le Baromètre, aucune filière ne se distingue particulièrement cette année, les hausses se maintenant dans une fourchette allant de + 1,8 % à + 2,8 %. Les disparités peuvent toutefois être considérables au sein d’une même filière.
BTP et construction

Dans ce secteur qui continue d’embaucher, stimulé par les travaux du Grand Paris Express, la hausse des rémunérations est de 2,8 % en moyenne. Elle concerne toutes les fonctions, avec des écarts toutefois importants : la revalorisation salariale du conducteur de travaux (+ 5,2 %) est ainsi le double de celle du chef de chantier (+ 2,6 %). Le salaire de l’ingénieur BTP connaît quant à lui la plus forte hausse du secteur, avec + 6,2 %.

« En matière de salaires, nous offrons probablement moins que les grands groupes », déclare Patrice Larios, Directeur régional Sud-Ouest du bureau d’ingénierie SCE. « Mais lors de la dernière crise du secteur, les majors ont réduit leur effectif d’au moins 30 % pour maintenir leur rentabilité. SCE n’a licencié personne et a gardé les compétences. »

Commercial et marketing

Dans ce secteur, les salaires ont globalement progressé de 2,5 %, avec en tête de liste les métiers liés au digital, comme social media manager (+ 6,2 %), UI designer (+ 5,9 %) et data analyst (+ 5,8 %). Des revalorisations qui confirment « leur rôle stratégique et leur sollicitation grandissante à tous les niveaux de l’entreprise » dans un marché focalisé sur l’expérience client et l’analyse des données, observe Christophe Bougeard.

Comptabilité et finance

« Au cœur de la transformation des entreprises », les métiers du chiffre connaissent cette année les plus fortes progressions de salaires, constate le baromètre d’Expectra, avec une hausse moyenne de 4,1 %.

Evolutions notables :

  • + 8,4 % pour le contrôleur financier, ce qui le propulse en tête du palmarès 2019 (tous secteurs confondus), avec un salaire médian de 54 890 € par mois.
  • + 7,3 % pour le comptable client.
  • + 6,4 % pour le risk analyst.
  • + 6,1 % pour le comptable trésorerie.

Ingénierie et industries

Un souffle d’optimisme, lié à une croissance en hausse, impacte positivement cette filière caractérisée toutefois par une hausse salariale modérée (+ 1,8 % en moyenne) et de grandes disparités selon les secteurs. Le responsable des études (+ 5,9 %) est en effet augmenté de plus du triple par rapport au chef de projet (+ 1,8 %).

Dans le domaine exploitation & maintenance par exemple, les salaires « bénéficient de la croissance de la production, mais aussi de la pénurie de candidats », notamment ceux des ingénieurs de maintenance (+ 4,3 %) et des techniciens de maintenance spécialisés en électrotechnique (+ 5,2 %). Même chose pour les ingénieurs qualité et techniciens contrôle qualité, avantagés par l’accent mis sur la qualité « dans un contexte de concurrence internationale toujours forte. »

Informatique et télécoms

Autre constat de Christophe Bougeard : « Sans grande surprise, les profils en lien avec la transformation digitale des entreprises ont toujours le vent en poupe. »

Ainsi, dans les métiers de l’informatique & télécoms, la moyenne de la filière est de 2,2 %. Mais les responsables informatiques (+ 6,3 %), les ingénieurs systèmes (+ 6,3 %), les directeurs de projet (+ 5,5 %), les ingénieurs télécoms (+ 5 %) et les ingénieurs réseaux (+ 4,5 %) se distinguent tout particulièrement dans ce secteur florissant de l’économie.

RH, paie et juridique

La filière connaît une évolution modérée (+ 2 %) mais certaine.

Très sollicités en 2019 par les nombreuses réformes (impôts, régimes de cotisations, etc.), les professionnels de la paie ont vu leurs propres bulletins de salaire gonfler en conséquence : + 2,7 % d’augmentation pour les responsables et les gestionnaires paie. Les juristes d’affaires et les responsables ressources humaines se distinguent quant à eux avec des hausses respectives de 4,0 % et 3,7 %.

Enfin, ce secteur est lui aussi impacté par la transformation digitale des entreprises, ce qui influe sur le recrutement et le mode de rémunération. « L’administration du personnel classique est en train de disparaître », affirme Xavier MARTINS, DRH France du groupe autrichien ANDRITZ PULP & PAPER. « Sans être des spécialistes de la question, les collaborateurs RH doivent être sensibles à la transformation numérique. (…) Les cadres ont un salaire de base et des incentives dont le montant varie en fonction du niveau de responsabilités. Ces bonus dépendent des performances collectives et individuelles. »

Au vu des hausses 2019, une question se pose donc : le salaire doit-il dépendre de l’expérience et des compétences, ou de la valeur financière apportée par le salarié à l’entreprise ? C’est le sujet de notre Débat du mois

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