Transformation digitale : bienvenue dans le nouveau monde du travail ?

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Imaginez un monde où il serait possible d’accroître la productivité des salariés grâce aux objets connectés, une vie d’entreprise sans mail en interne… De simples théories au départ, les technologies digitales façonnent en réalité en permanence de nouvelles méthodes de travail. Qu’apportent ces outils ? Avons-nous virtualisé nos relations professionnelles ? Et quelles conséquences pour le secteur des ressources humaines ?

Du mail à la visioconférence ou plus récemment le Smartphone, l’arrivée progressive de nouveaux outils bouleverse les habitudes professionnelles. Travailler à distance n’apparaît plus comme une idée abjecte. Nombreuses sont les entreprises qui adoptent le réseau social en interne. Le cloud computing, nouvelle mode de consommation IT, rend le travail plus collaboratif.

Franck-Lapinta

Franck Lapinta

La transformation digitale n’est pas une tempête contre laquelle il faut faire le dos rond, mais bien un processus continu qui perdurera dans le temps »

assure Franck Lapinta, responsable de la stratégie digitale et de la communication externe RH à la Société Générale.

Des niveaux de développement inégalitaires selon les entreprises

Le phénomène du « tout digital » en entreprise trouve racine dans le développement opéré par les équipes marketing et informatiques. Leur but à l’origine : améliorer l’expérience utilisateur des clients.

Bertrand-Duperrin

Bertrand Duperrin

Or aujourd’hui, les collaborateurs ont des usages de consommation dans leur vie privée qu’ils aspirent à retrouver au niveau professionnel »

témoigne Bertrand Duperrin, responsable du pôle transformation digitale chez Emakina.fr.

S’il gagne du terrain, ce changement de modèle a-t-il bouleversé au quotidien le mode de fonctionnement des entreprises ? Hormis quelques secteurs innovants, pas forcément selon Bertrand Duperrin :

il s’agit surtout d’une tendance émergente. L’appropriation des outils n’est pas encore collective. Si le collaborateur est digitalisé dans sa vie privée, il arrête malgré tout souvent de l’être quand il passe la porte de son bureau. En plus de critères sociaux, démographiques et culturels, ce qui va jouer c’est l’adoption ou non des nouvelles technologies par le management. Celui-ci fera que telle pratique sera tolérée ou pas, bien vue ou non ».

Quid de la virtualisation des relations de travail ?

Autre idée reçue selon les spécialistes, la question de la virtualisation des relations et de l’appauvrissement des échanges humains.

Arnaud-Gien-Pawlicki

Arnaud Gien Pawlicki

Selon Arnaud Gien Pawlicki, responsable recrutement et marque employeur pour l’Apec :

En réalité, le digital accélère la proximité que peuvent avoir les collaborateurs les uns avec les autres. Il permet de vous connecter davantage avec votre écosystème interne ou externe, créant plus de liens de sociabilité qu’auparavant. »

D’autant que, comme le rappelle Franck Lapinta :

« l’objectif affiché n’est pas de virtualiser complètement les relations. Même avec le télétravail par exemple, les entreprises se sont rendu compte qu’il est préférable de maintenir des moments de présence ».

Expérience client vs expérience employé : la symétrie des intentions

Tests d’aptitudes en ligne, logiciel de gestion de candidature, coffre-fort électronique de gestion de suivi…
Le domaine des ressources humaines est largement concerné par l’apport de solutions intuitives.

Mais d’après Arnaud Gien Pawlicki :

« les fonctions RH sont assez peu technophiles. C’est un frein culturel qu’elles doivent apprendre à dépasser pour mettre le digital au service de la rencontre RH, qui reste et restera une relation d’humain à humain. L’entreprise doit accompagner la transformation des collaborateurs RH pour qu’ils s’approprient la culture numérique ».

Autre problématique soulevée par Franck Lapinta :

Comment faire pour qu’un maximum de collaborateurs adoptent ces pratiques si elles deviennent des méthodes globales de travail ? Faute de quoi, cela posera un vrai problème de performance. Cependant, tous les collaborateurs ne sont pas à l’aise avec les outils. Il existe dès lors des inégalités par rapport à ces nouvelles compétences attendues auxquelles doivent répondre les professionnels des ressources humaines ».

Le badge est mort, vive l’objet connecté ?

D’ici quelques années, les objets connectés impacteront encore plus durablement les méthodes de fonctionnement des organisations. Fleurons du virage numérique, ils remplaceront des objets tels que le badge pour la pointeuse en entreprise ou pour réserver une salle de réunion. Ils permettront d’identifier une pièce lors d’opérations de maintenance à distance grâce au partage d’image.

Pour Arnaud Gien Pawlicki :

la clé d’un objet connecté ou d’une application mobile sera d’abord d’être porteur d’un service pour les salariés, un facilitateur de vie au travail. Pour qu’il soit adopté par l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise et devienne efficace, celui-ci doit avant tout répondre à un besoin ».

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